RSS

60 questions étonnantes sur l’humour et le rire : bon à feuilleter

CVT_60-questions-etonnantes-sur-lhumour-et-le-rire_8899

Je découvre cette collection avec ce titre. Le concept de vulgarisation de recherches en sciences sociales m’intéresse et la présentation est bien faite : découpage en chapitres thématiques et double page consacrée à chaque étude. Introduction interrogative, méthode de recherche, résultat et synthèse permettent de découvrir chaque point. Certaines sont très attendus comme : Pourquoi rions-nous quand quelqu’un se casse la figure ? ou encore Hommes et femmes utilisent-ils les moqueries de la même façon ? D’autres sont plus surprenantes comme Les hôtesses de l’air rigolotes sauvent-elles plus de vie ? ou Se forcer à rire peut-il remonter le moral ?

J’ai observé bien sûr avec attention Quelles blagues les étudiants tolèrent-ils de la part de leurs profs ? et Qu’est-ce qui fait rire les bébés ? 

En bref, c’est un petit bouquin sympa, qui a toute sa place sur une étagère « bons à feuilleter ». Petite remarque quand même, certains points sont répétitifs : il aurait mieux valu grouper les études qui ont le même sujet ou presque.

 

 
Poster un commentaire

Publié par le juillet 1, 2016 dans Uncategorized

 

Miscellanées de culture générale : remember classes prépa

51YKsx-KqjL._SX195_

Tentée par ces miscellanées de « culture gé », j’ai replongé dans mes années prépa : ces moments où l’on apprend de force des tas de choses passionnément inutiles. Culture générale, d’ailleurs est vraiment un faux ami. Il n’y a là rien de « général », c’est à, dire qui concernerait tout le monde. C’est bien de la culture de l’élite qu’il s’agit, une culture avant tout historique et littéraire, à l’ancienne. Qui connait le nom des neufs muses et leurs attributs ? Moi, certes, car je me suis forcée à retenir au moins une chose dans ce livre : alors allons-y sans tricher : Terpsichore (danse), Thalie (comédie), Melpomène (tragédie), Uranie (astronomie), Calliope (poésie épique), Erato (poésie lyrique), Clio (histoire), Polymnie (chant), et zut… il en manque une, c’est comme les 7 nains. Vérification faite j’avais oublié Euterpe, muse de la musique. Donc avoir cette culture générale ça sert éventuellement à se gargariser face à des visiteurs esbaudis devant la façade du théâtre de Bordeaux où l’on peut identifier les 9 muses et 3 déesses. Et juste à faire fonctionner son cerveau, oui pour le plaisir.

En tant que littéraire j’ai adoré les chapitres où il fallait retrouver les titres d’œuvres célèbres à partir des incipit (début du livre) ou excipit (la fin). Et bien sûr les expressions et leurs origines. Certaines parties ne m’ont pas passionnées : connaître le nom de toutes les formes d’amphore, sérieusement ?

En bref un excellent livre pour la collection de l’étagère des cabinets. Non je ne plaisante pas, quel meilleur endroit pour lire un petit peu régulièrement ? Et retenir un peu de cette « culture » ! A relire avec plaisir. Et à offrir à un khâgneux !

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 11, 2016 dans Uncategorized

 

Nos amies les bactéries :chérissons-les

51PhmTVPdyL._SX195_

Ce livre donne à réfléchir sur nous-mêmes et sur quelques maladies dites « occidentales » : obésité, autisme, maladies auto-immune, syndrome de l’intestin irritable, dépression… Facile à lire et hypothèse intéressante.

J’avais été passionnée par le documentaire Le ventre notre deuxième cerveau, qui développait l’importance de l’action des neurones dans la zone du ventre. Une dernière partie évoquait un « troisième cerveau », au sens où la colonie de nos bactéries intestinales est un ultime centre de contrôle de notre corps, de notre vie. Voilà pourquoi j’ai choisi ce livre dans la dernière « masse critique » de Babelio. Comme je le supposais c’est bien de cela qu’il s’agit dans cet ouvrage.

J’ai retenu ces chiffres incroyables : nous sommes composés à 10% de cellules humaines et à 90% de cellules bactériennes. Mieux encore, si nous fonctionnons grâce aux 21.000 gènes de notre ADN humain, nous bénéficions également de plus de 4,4 millions de gènes supplémentaires grâce à nos bactéries. Le corps leur sous-traite des choses qu’il ne sait pas faire, comme la synthèses de vitamines, la sécrétion des certaines toxines. Tous les mammifères ont également leurs grandes colonies de bactéries. En fait, un humain sans bactéries ne serait pas un homme « normal ».

La thèse de l’auteur est que la plupart de nos maladies modernes et occidentales sont dues à un déséquilibre de notre « microbiote », à savoir notre flore bactérienne. Nos connaissances sont en effet très limitées sur ces sujets de recherche. L’auteur compile donc toutes les études qui pourraient aller dans le sens de cette hypothèse. Je lui fais le reproche de nous expliquer à plusieurs reprises ce qu’est la rigueur scientifique, puis de citer une thèse et enfin de faire comme si cette seule source suffisait. Après quelques précautions oratoires, « il semblerait que », dès le paragraphe suivant, la conclusion est actée ce qui n’est pas très scientifique. A lire donc comme une plaisante  vulgarisation scientifique, avec une hypothèse unique. Ceci-dit le contenu est très convainquant quand on y songe, à défaut d’être pleinement étayé.

J’ai été subjuguée par la partie sur les dangers des antibiotiques. Car que font-ils ? Ils dézinguent tout sur leur passage, y compris nos amies bactéries utiles. Voilà pourquoi on a le ventre en vrac à chaque cure… Et nous savons, car la sécu aime à nous le rappeler, que nous en consommons trop. Ces miracles de la science qui évitent des morts certaines, sont bien trop prescrits à la légère. Exemple : pour les otites des plus petits, ou leurs angines. On sait qu’à 95% ces maux sont d’origine virale…et à 5% d’origine bactérienne. Or que font les médecins ? Mettent-ils un échantillon en culture pour déterminer s’il y a bien présence d’une bactérie ? Heu…non, ils prescrivent systématiquement l’antibiotique. Ce qui a comme conséquence immédiate de ne servir à rien dans 95% des cas, de mettre le bidou du bébé en vrac et de créer des souches résistantes aux antibiotiques… Dans quelques années nous n’aurons plus le secours des antibiotiques car nous en avons trop abusé. C’est vraiment un problème de santé public primordial et je n’en avais seulement vaguement conscience auparavant. De plus les effets sur le ventre se font sentir encore une année après. Or nous en prenons environ une fois par an… Y a un souci !

J’ai également appris à cette lecture comment rendre mince ou obèse une souris « anexique », que l’on a élevée avec un minimum de microbes, en lui injectant les bactéries d’une autre souris. Et encore quel est le rôle de l’appendice, un organe qui « ne servait à rien » soi-disant pendant longtemps et serait notre réservoir de bactéries amies justement, quand celles-ci ont été décimées. Enfin pourquoi il est important de se préoccuper de la colonisation du bébé par les bactéries de sa mère plutôt que de le laisser affronter seul celles d’un hôpital… Lorsque l’accouchement par voie basse n’est pas possible et que le bébé sort par césarienne, il y a des solutions de colonisation artificielle.

Bref éviter les antibiotiques si possible, accoucher par voie basse ou remédier à une césarienne sont la base des solutions proposées. Éviter les antibactériens à tous crins aussi. Quelques démystifications importantes : manger des yaourts natures ne sert pas à grand chose (dommage moi j’adore ça!), ni prendre des probiotiques (effet partiel), tout simplement car les quantités sont infimes en regard des colonies sérieusement installées en nous. Pour modifier, améliorer notre colonie que faire ? Manger des fibres pour nourrir nos bonnes amies bactéries. Cela m’évoque le dicton « an apple a day keeps the doctor away ». Car selon l’auteur nous ne mangeons pas tant plus, ni plus gras ou plus sucré qu’avant (enfin si quand même !) mais surtout nous ne consommons plus du tout assez de fibres (à peine 10% de ce qu’on mangeait au début du XXe s.)

Un documentaire très simple à lire et qui vous interpellera si vous vous intéressez à votre santé.

 

 
Poster un commentaire

Publié par le mars 5, 2016 dans Uncategorized

 

U4 Stéphane : anticipation et action !

images.duckduckgo.com

Une aventure plutôt dure, fascinante et bien rythmée. On s’engage dans un tunnel et on ne sait vraiment pas où l’on va déboucher. Un livre d’anticipation très bien pensé. On apprécie d’avoir quatre auteurs FRANCAIS pour cette série ; on ne le dira jamais assez les auteurs français sont excellents en SF, comme en fantastique et fantasy, et il est important de les identifier et de ne pas se laisser submerger par les traductions américaines souvent bien moins « écrites » (oui, oui c’est ce que je dis). J’ai choisi de commencer par ce tome de la série U4, parce que j’étais sûre d’apprécier le style de l’auteur. Fan de sa propre série d’anticipation à savoir Réseau(x) (lire ma chronique ici et là celle de Réseau(x) 2),  on retrouve sa verve j’ai donc été comblée.

Ce tome de Stéphane m’a fait découvrir l’univers catastrophique d’un futur proche dans lequel je ne pourrai pas être (les plus de 18 ans sont (presque) tous morts). Je pense qu’effectivement avec une épidémie de cette ampleur les choses tourneraient aussi mal et tous les aspects sont bien détaillés (survie, collectivité refuge, pillages, violence, armée, rejet des derniers arrivés…).  J’ai bien aimé la personnalité de cette jeune fille, très pragmatique et rationnelle, violente parfois mais tellement humaine dans ses réactions. Elle est assez atypique en tant qu’héroïne. J’ai trouvé intéressant qu’elle prenne parfois de mauvaises décisions, qu’elle se laisse influencer voire qu’elle se plante complètement dans son analyse de la situation. Tout cela la rend extrêmement crédible et déroule un scénario avec des hauts et des bas.

Pour continuer je suis partagée entre l’envie d’en savoir plus sur Yanis, l’autre personnage du quatuor que l’on connait le mieux dans ce tome, et dont on ignore le passé ; de lire le tome de Florence Hinckel parce que j’ai dévoré #Bleue ; mais encore d’avoir le point de vue de l’autre personnage féminin, qui me semble la seule à être en mesure de faire arriver une fin plus conclusive… Dur… Mes élèves sont fans également et réclament une suite, vite, n’importe laquelle… mais vite !

C’est la série à découvrir si vous ne savez pas quoi lire !

 
Poster un commentaire

Publié par le janvier 20, 2016 dans Uncategorized

 

#bleue : dystopie pleine d’amour

CVT_Bleue_7309

Ce roman, au travers du sujet de la mémoire et de la douleur émotionnelle, pose la question de la définition de la vie et du bonheur.

Le style est coulant, assez facile mais le montage de la trame est plus travaillé. Dans une première partie, on nous présente le point de vue de Silas. Nous découvrons donc la société légèrement futuriste proposée, à travers ses yeux. Il nous relate également sa relation avec Astrid, qui parait être une fille extrêmement casse-cou et originale. Silas est inquiet quant à la possibilité de voir une partie de sa mémoire s’effriter lors d’une oblitération. De fait, c’est exactement ce que nous allons vivre à travers son point de vue. Cette première partie peu parfois sembler assez lente, certains éléments semblent peu importants. En fait il s’agit d’une préparation pour la deuxième partie où les mêmes moments sont relatés du point de vue d’Astrid. Tout s’accélère alors et nous repérons les échos des moments partagés. Là se passe un plaisir de lecture digne d’un polar quand notre esprit « recolle les morceaux ». Quand Silas pensait Astrid fantasque, il y avait en elle une véritable douleur dissimulée. Pour repousser la tristesse, le jeune fille se faisait peur. Cette vision de l’adolescence m’a semblé très juste.

Cette proposition de société rappelle le Meilleur des mondes de Huxley. Le bonheur est obligatoire (pas besoin de soma, la douleur est simplement supprimée), on diffuse des phrases du type « tout les postes sont utiles » pour convaincre les moins chanceux que leur sort n’est pas si terrible, la colère et la tristesse sont soit mal vues soit carrément incomprises et finalement l’amour et la compassion disparaissent. Le but serait une société apaisée sans violence. D’autres influences permettent un cadre futuriste assez réaliste, comme d’une part la toute puissance des réseaux sociaux. Plus besoin d’un big brother, comme dans 1984, puisque tout le monde est connecté en permanence et le contrôle social s’exerce tout seul, sans police de la pensée. Tout le monde est le flic de tout le monde. D’autre part les informations importantes sont dissimulées sous la masse du superficiel.

L‘auteur invite son lecteur évidemment à réfléchir à des tendances de nos sociétés, qui accentuées deviendraient cette dystopie : être accro aux écrans, préférer les contacts virtuels au réel, diffuser du « sans intérêt » au détriment de penser par soi même. Certains éléments sont plus profonds comme la réflexion sur l’apparence de démocratie…, ou encore la manière de se faire entendre par des actions violentes ou non.

L’histoire d’amour en elle même est romantique à souhait : ils se trouvent et se « reconnaissent » car ils sont chacun « différents » et se sentent mal à l’aise dans le monde hyperconnecté. Il est fasciné par son énergie et son grain de folie, elle est rassurée par son côté calme. Silas exprime son amour par des petites touches poétiques, des paragraphes très visuels, tandis que Astrid s’exprime avec emphase. L’auteur s’est amusé à coller à leur personnalité.

La thèse finale semble logique : sans douleur, sans tristesse, oblitéré, on passe à côté de la vie. On le voit avec le personnage de la grand-mère d’Astrid, heureuse d’évoquer ses souvenirs passés, heureux ou pas. Au contraire le père de la jeune fille est devenu quasiment insensible à force d’oblitérations.

En conclusion un roman ado qui tient la route et plaira mais semblera un peu trop simple pour les adultes que nous sommes. A recommander en CDI, succès en vue.

 
1 commentaire

Publié par le novembre 1, 2015 dans Jeunesse, Roman, SF, Uncategorized

 

Victor London : un roman à rebondissements qui laisse pantois et ravi

Une-Victor-London

Voici un roman d’aventure qui décoiffe…votre chapeau haut de forme. C’est surtout par son rythme haletant que l’on reste scotché au fauteuil. Embarqué en plein XIXe siècle, siècle de l’exploitation des masses miséreuses, on suit le jeune Victor, un surdoué orphelin qui ramasse des bouts de laine dans une usine. Enlevé, au sens propre, à son quotidien morose, il n’aura de cesse de regretter cette vie insipide tant les dangers extrêmes le menacent à chaque instant. C’est à la fois un véritable tableau des mœurs victoriennes, et un dérapage contrôlé vers le monde steampunk. 

Je m’explique : tout d’abord nous avons, comme toujours chez Patrick Mc Spare, une immersion dans une époque de par les costumes, les ambiances, les odeurs, les lieux. On note la dichotomie entre East end (quartiers nauséabonds des travailleurs) et West end (chez les riches ). Quelques endroits typiques sont abondamment décrits : la manufacture de laine, une workhouse (lieu où sont parqués les travailleurs enfants et adultes), deux pubs malfamés,  la luxueuse maison Summerfield, les grands hôtels. On en apprend à chaque page, notamment qu’il existait un metro à Londres dès 1863. Les mœurs sont montrés dans l’action : il est normal de faire travailler les enfants, de réprimer toute velléité syndicale, d’éviter de sortir la nuit si l’on craint les détrousseurs. De ne pas chiquer si l’on est une femme…

Par ailleurs, l’auteur dévie, avec le thème des sociétés secrètes, vers une ambiance « steampunk », (« steam », la vapeur, étant synonyme de progrès technique, on procède à des anachronismes). Ainsi Cosruscants et Impérieux, les deux factions rivales, rivalisent d’imagination pour se battre avec des armes ou moyens qui n’étaient pas encore produits à cette époque. Je parle cependant de « dérapage contrôlé », car l’auteur met un point d’honneur à rester dans le plausible. Un exemple : les boîtiers de transmission vocale des coruscants, que l’on peut assimiler à des téléphones ou des talkies walkies n’existaient pas mais sont vraisemblables dans l’histoire. De même pour les canots à hélice ou les masques portatifs à oxygène. Les combats sont à la fois incroyables avec tous ces gadgets, mais aussi réalistes pour ce qui est des corps à corps.

Enfin l’auteur embraye tout de même sur un registre fantastique avec le « générateur vibratoire », qui reste à la fois un motif steampunk  (machine à énergie mystique), mais nous fait basculer vers l’irréel dans les derniers chapitres. La dernière partie de l’ouvrage qui nous entraine en Perse, dans un voyage à la Indiana Jones, nous sort de cet univers londonien que l’on commençait à maîtriser et nous propulse dans un bouquet final d’actions et de révélations.

Le point fort de l’intrigue repose sur les rebondissements, plus précisément les retournements de point de vue sur les personnages. Placé à même enseigne que Victor, le lecteur ne peut que se perdre en conjecture. A priori nous savons qu’il y a le groupe de Coruscants qui enlève Victor : Charlie très habile et très intelligent, Kelly une dangereuse et déterminée jeune femme et Sourad surnommé « l’Ombre qui tue ». Une galerie inquiétante, parmi laquelle on suppose que se dissimule un traître. A moins que…les informations donnée en ce sens à Victor par le non moins inquiétant Gothic soient erronées. Lui aussi prétend être un Coruscant. Tous seraient ennemis des Impérieux, dont le lecteur ne connait qu’un membre certain : le cruel comte Killgrave. A cela s’ajoute des patriotes irlandais et un tueur à gages. On comprend que le jeune garçon se sente menacé et perdu.

Victor aura des choix à faire et deviendra, de simple pion, un véritable héros. L’ humanisme auquel il aspire est guidé par la bonhomie de son ami Mike, le vendeur de journaux, mais encore par sa réflexion personnelle et une rencontre décisive avec le grand Victor Hugo. En ce sens il s’agit d’un roman d’apprentissage autant que d’aventure et l’épilogue nous le confirme.

Une lecture qui donne très envie d’avoir une suite pour profiter encore de cet univers si particulier. On serait ravi d’y replonger. A noter : la couverture est absolument magnifique, rien que pour ça, on craque sur ce livre.

 
 

Un autre monde est possible : Varoufakis expose l’économie à sa fille

51BmwmmNYpL._SL160_

Un livre à découvrir pour une approche de l’économie actuelle. J’étais très motivée pour lire ce titre après avoir lu l’intéressant article du même auteur dans le Monde Diplomatique d’août 2015. Varoufakis est une plume. Ici le ton est beaucoup plus simple, car il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation, qui se lit d’une traite. J’ai été agréablement surprise par la facilité de l’ouvrage. Ceci dit, sur le même sujet j’ai lu le Manuel d’anti-économie de Bernard Maris, illustré de nombreux exemples précis, plus fouillé, et récemment le On marche sur la dette, qui m’avait donné de bonnes bases pour ce sujet.

Le sous-titre parait mal choisi : « pour que ma fille croie encore à l’économie ». En effet Yanis Varoufakis, ex-ministre grec de l’économie, conclue que les économistes sont un peu comme les chamans, y croient ceux qui veulent… mais ce n’est pas très malin. Au contraire il engage sa fille, et donc chaque lecteur, à choisir l’esprit critique, plutôt que d’accepter le discours dominant à savoir « faut bien qu’on continue comme ça, c’est normal qu’il y ait de telles inégalités ». Donc je dirais que c’est un livre pour ne surtout PAS croire à la prétendue scientificité du discours économique. Le titre ne me parait pas meilleur, car il s’agit plutôt d’un constat et d’un cours, que de propositions pour un autre monde.

On apprécie la préface à l’édition française, concoctée pour nous, dans laquelle M. Varoufakis explique son projet : non pas écrire réellement pour sa fille, mais « pour tester les limites de [sa] propre compréhension. » C’est à dire énoncer clairement les questions fondamentales de l’économie qui pour lui tient de la philosophie.

Pour tenir le lecteur en haleine, supposé donc être un jeune exigeant et qui se lasse vite, il écrit des paragraphes courts avec des intertitres, ce qui rend vraiment la lecture très claire. Mais surtout il utilise beaucoup d’astuce : des questions rhétoriques, à commencer par « pourquoi les aborigènes n’ont-ils pas envahis l’Angleterre ? » ; des exemples de la vie réelle (les couchers de soleil à Egine pour différencier un bien d’un produit) ; des exemples historiques (le camp où était prisonnier de guerre Radford pour expliquer la monnaie)… Mais surtout des références cinématographiques, dont le fil rouge est Matrix.

Je conseille donc ce livre à tous ceux qui ont le souci de comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure, tout simplement, avec un point de vue engagé à gauche, aucun angélisme voir une once de pessimisme.

 
Poster un commentaire

Publié par le octobre 12, 2015 dans Essai

 
 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 159 autres abonnés