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Archives Mensuelles: septembre 2013

Ewilan : saga jeunesse à connaître absolument

 

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Dès le premier tome de la saga Ewilan, on est séduit par l’originalité de l’écriture de Pierre Bottero.Trois trilogies composent en fait cette saga : La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des marchombres (avec Ellana comme personnage principal). Je dois remercier Justine, ancienne élève, de m’avoir fait découvrir cet auteur.

Dans ce premier tome, intitulé « D’un monde à l’autre », on savoure tout un monde qui éclot sous nos yeux : le Gwendalavir. C’est un vrai régal : la cohérence de l’univers n’a d’égal que l’adéquation parfaite des mots aux concepts de ce même univers. Qu’attendre de plus en fantaisie ? L’imagination y règne, au sens propre puisque celle-ci permet la magie. L’héroine a ainsi le  pouvoir de « dessiner », c’est à dire de matérialiser ses pensées.

On suit ainsi Camille, alias Ewilan, rêveuse et surdouée, qui avec un « pas sur le côté » se retrouve dans un monde parallèle au notre. Le sien en fait. Le mythe du nourrisson caché par ses parents en vue d’une menace est utilisé comme point de départ. Salim est un second rôle intéressant, l’ami fidèle et malicieux, qui s’étoffe par la suite. La galerie des autres personnages n’est pas à négliger, en particulier les redoutables Edwin et Ellana et le très amusant Bjorn. Personnage au premier abord pédant et grotesque il évoque le Pantalon de la Comedia mais trouve sa place dans le groupe et pour le scénario est le moteur de l’humour cocasse.

Une série qui plait aux jeunes tant pour l’aventure, que pour la magie, et ce qui ne gâche rien, dans une  belle langue sans oublier un humour omniprésent. J’adore !

Et plus encore Ellana, mais ceci sera l’objet d’un prochain billet.

 
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Publié par le septembre 30, 2013 dans fantaisie, Jeunesse, Roman

 

Martyrs : à vous couper le souffle !

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Jetez-vous sur ce livre ! Adepte de la fantasy ou novice, vous serez conquis par cet univers riche et passionnant. Personnellement je n’ai comme culture fantasy que Le Seigneur des Anneaux, l’Oeuvre originel ! Et je retrouve dans ce livre ce qui a fait le succès de Tolkien, puis de tous ses suiveurs : un monde médiéval imaginaire rendu réaliste par la profusion des détails, une galerie de personnage au caractère fouillé, une grande aventure et des batailles pour le pouvoir, mêlée aux actions des plus humbles.
Les deux premiers chapitres campent les deux principaux protagonistes que tout oppose. L’un est Irmine, un beau jeune homme de 17 ans, silencieux, rude, descendant aux yeux d’or de guerriers mythiques et qui fait métier d’assassin ; l’autre est Karmalys, le roi du Reycorax, un monstre d’obésité, fourbe et manipulateur qui préserve la paix à tout prix. D’autres personnages importants seront mis en avant progressivement comme Cavall, l’homme de l’ouest qui mène une rébellion contre la « rei ley » de Karmalis, les guerriers comme Opimer ou encore Guyarson l’intendant rusé de la cité d’Alerssen, cité-autonome convoitée par le roi. le nain de cour Jarud et ses bons mots sont « nains payables ».
Les personnages féminins ne sont pas en reste (contrairement au monde du Seigneur des anneaux où les femmes ne servent pas à grand chose…) : Kassis prisonnière du château de Ronces, Abiselle bonne vieille qui semble sortie d’un conte, Akinessa « la main douce », la sœur et conseillère du Roi. J’ai été surprise et touchée par l’introduction du personnage de Kassis, l’héroïne de ce tome. le premier chapitre qui la concerne et qui s’intitule « un conte de fées » est très bien vu. L’auteur a su saisir un élément intéressant de la psychologie d’une adolescente (elle a 16 ans) : elle fait une fixation sur le premier homme qui l’approche et lui montre de l’attention. Cela m’a fait songer à Roméo, qui est d’abord l’amoureux éconduit de Rosalinde avant de rencontrer Juliette. La déception de la jeune fille sera à la hauteur de ce que son imaginaire avait pu construire. Cela nous présente une héroïne qui peut sembler faible et naïve, mais cet événement va justement permettre à la jeune fille de se réveiller de sa torpeur de « princesse de château » et de rechercher des issues à sa condition de prisonnière. Cette entrée en matière est aussi une très bonne accroche pour la passion amoureuse qui ne manque pas de se présenter ensuite. Le chapitre « savoir mourir », quant à lui, m’a émue au larme, car l’on s’est bien vite attaché à cette jeune fille.
Le mythe des Arserkers, les hommes aux yeux d’or, prend de la profondeur tout au long du livre. Tout d’abord représenté par Irmine et son frère Helbrand, on sait que ce sont des descendants de guerriers légendaires qui auraient vaincus les derniers dragons. Ils sont excellents comme assassins car ont des dispositions physiques et mentales extraordinaire ; par ailleurs ils voient dans le noir. Puis d’autres Arserkers interviennent : un vieillard lâche, un mystérieux borgne qui apparaît quand il veut et laisse des indices troublants, et enfin un tortionnaire, fanatique du martyr ; on voit se dessiner un peu mieux les contours de ce peuple aux étonnantes dispositions. Et l’on attend évidemment de voir comment vont évoluer Irmine et Helbrand.
Les points forts de ce livre du point de vue du style sont la qualité de la langue, l’équilibre des chapitres, la progression de l’intrigue, les révélations et rebondissements incessants. du point de vue de l’histoire on a à la fois de bonnes intrigues de cour, des scènes d’action bien décrites et une romance évidente, mais pas si simpliste.
Quand à la forme du livre il y a de quoi se régaler : un format anglo-saxon qui permet au livre de se déployer sur ses presque 700 pages, et surtout des illustrations magnifiques. La couverture est un vrai tableau qui attire et donne immédiatement envie de plonger dans ce roman. Les illustrations intérieures, notamment celles des cartes de tarot sont superbes, et enfin la carte couleur qui se déplie au début est parfaite.
Je recommande chaudement cette lecture enchanteresse, qui donne très envie de s’y replonger. On a hâte de lire le tome 2 pour retrouver nos personnages favoris et ce monde si magique !

 
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Publié par le septembre 26, 2013 dans fantaisie, Roman

 

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Moi, Tituba Sorcière… : histoire d’une femme noire

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Ce roman est à la fois un roman d’aventure, car la vie de Tituba sera pleine de rebondissements, un roman historique par ses détails sur les mœurs du XVIIe siècle et enfin un roman fantastique (car Tituba guérit ou rend malade).

Maryse Condé réinvente la vie de Tituba, fille de la Barbade qui se retrouve au cœur du procès des sorcières à Salem. A partir de la simple phrase « une esclave originaire des Antilles et pratiquant vraisemblablement le hodoo », elle façonne sa vie. Une vie de douleurs et d’espoirs.

J’ai fortement apprécié la caractérisation du personnage. Tituba est une enfant mal aimée de sa mère et qui, celle-ci tuée, se retrouve seule. Elle est élevée par Man Yaya, sorcière, qui meurt à son tour mais continue à la guider sous une forme « fantôme ». Tituba est plutôt douée pour survivre. Mais elle cause son propre malheur en tombant amoureuse. Éprise de John l’indien, esclave qui espère de sa maîtresse son affranchissement prochain, elle vit avec lui. Mais, à la suite d’un affrontement implacable entre les deux femmes, la maîtresse de John le revend et Tituba, pour ne pas le quitter, se laisse emmener. Elle se retrouve ainsi esclave, comme tous ceux de sa couleur, elle qui était libre. Sa condition de femme amoureuse la rend très humaine. Tout au long de l’aventure elle se montre sensée et sensible. Mais son amour inconditionnel des humains l’aveugle et elle se retrouve accusée de commercer avec Satan. Finalement acculée, lors d’un procès elle avouera ces crimes imaginaires. Mais Tituba est parfois faible et, à rebours de ses idéaux, elle se venge plusieurs fois.

Le roman est bien construit, dans l’ordre chronologique, sans temps mort. La galerie des personnages est passionnante : John l’indien, esclave hypocrite qui joue son rôle de « bon nègre » pour survivre, le pasteur Parris horrible et froid qui anémie tous ceux qui l’approchent, Hester la féministe adultère rencontrée en prison, Benjamin juif persécuté qui l’aimera, Christopher le « Marron » qui rêve d’attaquer enfin les plantations des maîtres blancs. Jusqu’au dernier personnage féminin avec lequel la boucle est bouclée.

L’écriture m’a paru d’abord déroutante car j’ai cru y déceler des anglicismes…surtout dans la première page, finalement le reste du roman est passé tout seul. C’est une belle langue qui se déroule sans heurts. On apprécie les particularismes des noirs des caraïbes ou de la société WASP dans les dialogues et certaines formulations (en narration interne externe).

Ce livre n’est pas particulièrement émouvant mais il est intense. On souffre, on vibre, on est en colère comme Tituba. L’écriture nous plonge dans un monde injuste où les hommes sont arrogants, les femmes des vipères, les blancs des monstres égoïstes. Tituba a bien conscience que sa condition de femme noire est la plus dure à tenir. Qui plus est, elle est sorcière, donc accusé de tous les maux par les blancs et crainte par ceux qu’elle soigne. Elle restera d’un bout à l’autre quelqu’un « à part », une sorte de tabou.

C’est une lecture qui transporte dans une époque dure, un monde que l’on oublie pas si facilement, le livre refermé. Une lecture envoutante et rude, empreinte d’un humanisme universel !

 
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Publié par le septembre 24, 2013 dans historique-fantastique, Roman

 

Magnifique bibliothèque imaginaire

L’illustration en 3D que vous voyez en bandeau a été créée par mon ami Stéphane Drouot, créateur d’imaginaire génial. Allez jetez un œil sur son blog : http://lacrymosa.tuxfamily.org

Cette illustration fait partie du projet Allégorie, un film 3D en cours de création, sous licence copyleft. Pour suivre ce projet : https://www.facebook.com/Allegorie.le.film

Sur le thème des bibliothèques  découvrez son court métrage L’eau noire qui fut primé en 2010 par la BM de Limoges.

Bonne découverte !

 
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Publié par le septembre 23, 2013 dans Découvrez...

 

Les Déferlantes : une écriture ronde comme des galets…

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Les Déferlantes est d’abord une histoire très forte. La narratrice est une femme discrète, et même renfermée sur elle-même, qui vient à La Hague étudier les oiseaux migrateurs, pour oublier ses propres meurtrissures. Sa peine affleure sans être précisément nommée, tandis qu’elle se balade dans de rugueux paysages à connotations romantiques. Elle vit avec les habitants, à la fois fois acceptée et aussi tenue à distance par son statut d’étrangère.
Elle fait la rencontre un jour de tempête de Lambert, un homme aussi laconique qu’elle, qui semble lui aussi fasciné par ce bord de mer déchaîné. Cet homme est un natif du village qui souhaite mettre en vente sa maison. Mais bien des mystères semblent entourer son passé. Nan, la vieille folle du village croit reconnaître en lui un enfant disparu : Michel.
Toute une galerie de personnage va défiler devant nous autour de la narratrice. Morgane, la beauté désœuvrée et indolente. Son frère le sculpteur génial et torturé. Lili la tenancière de l’auberge, parfois si abrupte. Et tous les vieux qui cachent les secrets et se haïssent en silence : comme le père de Lili, dit « le vieux », qui autrefois comptait les oiseaux lui aussi et avec qui la narratrice se découvre une belle complicité.
La narratrice, pour oublier sa propre peine, veut comprendre et tente avec délicatesse de lever le voile sur les anciennes histoires.

Ce n’est pas si souvent que je trouve un roman aussi bien écrit. Claudie Gallay écrit dans une langue à la fois classique et coulante, moderne et agréable. Comme les déferlantes sur la plage, la langue de l’auteur roule et polie ses galets : chaque personnage, chaque énigme. A découvrir pour le plaisir d’une bonne lecture (de préférence bien au chaud).

 
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Publié par le septembre 22, 2013 dans réaliste, Roman