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Comtesse Bathory : Fantastique !

06 Nov

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Le premier livre pour adulte de l’auteur est un coup de maître. Attention, c’est une histoire sombre et tourmentée pour public averti. Le choix du sujet parle de lui même : la comtesse Bathory est une femme ayant réellement existé et qui a fait assassiner des centaines de jeunes filles pour se livrer à des rituels sanglants. Les scènes violentes s’enchaînent, mais heureusement sans verser dans le gore. Ici l’ambiance gothique est travaillée par petites touches.

On retrouve ici la plume de Patrick Mc Spare, toujours aussi agréable à suivre dans les méandres de l’histoire. C’est au début du XVIIe siècle que prend place cette aventure. Dans le royaume de Hongrie un groupe de sombres individus prennent de l’emprise sur Erzebeth Bathory. Sa nourrice d’abord, puis Cadevrius Lecorpus, inquiétant « sorcier » et la charmeuse Anna. Les « voyages mentaux », que va effectuer la comtesse permettent par ailleurs des incursions dans trois autres périodes antérieures. Grâce à cet artifice bluffant, elle assiste ainsi à une bataille contre les infidèles en 1389, se retrouve à la cour de Sigismond 1er (XVe s.) et enfin rencontre un seigneur mythique de Transylvanie. Ces trois chapitres, au cœur de la construction du récit, sont mes favoris. C’est en se livrant à ce rituel que la comtesse « bascule » sur la pente de la folie et du meurtre sans remord. Le roman tente de répondre à la question : pourquoi et comment une puissante femme du XVIIe s, se livre-t-elle à d’odieux meurtres ? Au départ elle ne le souhaite pas, mais à la fin de cette aventure elle sera convaincue de l’efficacité de la magie du sang d’une part et de son droit sur la vie des autres d’autre part.

Face à elle se dressent des mercenaires, qui doivent retrouver une jeune fille et rassembler des preuves pour la faire arrêter. Les habitants ont en effet remarqué que de nombreuses jeunes filles disparaissaient au château et n’en revenaient jamais. Nous suivons principalement Janos Trencka, Vicoria Caldwell et Vincent De Guise, tandis qu’un puritain, détestablement campé, fait cavalier seul. Leur tâche est ardue car tout le monde redoute la Comtesse ; personne ne veut leur venir en aide. Ils sont divisés et ont peu de moyens et même leur employeur Hoffman ne leur dit pas toute la vérité.

A côté de la traque et des affrontements, on découvre des éléments inattendus, comme les deux histoires d’amour, ou plutôt de passions à sens unique. En dépit de leurs personnalités diamétralement opposées, Vincent de Guise et Erzebeth Bathory sont tous les deux des passionnés. Erzebeth est colérique, dominatrice et folle à lier mais vibre pour Anna ; tandis que Vincent humaniste et conciliant est troublé par Victoria. Leurs histoires évoluent en parallèle et connaissent la même fin. L’amour n’est vecteur d’aucun mieux être, seule la jolie scène d’amour entre Vincent et Victoria apporte un peu de légèreté au fil de ce récit désespérant. Mais ce n’est que de courte durée.

 

Le chapitre final est particulièrement bien tourné. Il s’agit du journal de la Comtesse, et il nous amène au point crucial : le genre de ce roman. Le journal d’une folle ne peut que nous faire penser au Horla de Maupassant ou à une nouvelle de Lovecraft. Il s’agit d’un authentique récit fantastique, un genre dix-neuvièmiste quelque peu délaissé par nos contemporains. Et ça fait du bien d’en lire, car ici l’auteur joue vraiment avec le lecteur et laisse la porte ouverte sur deux interprétations. La notion de fantastique en littérature repose sur l’épouvante, l’incertitude, l’intervention d’éléments surnaturels dans un contexte réaliste, et selon Todorov l’impossibilité de trancher entre deux versions : la surnaturelle et celle de la folie. Ici on a le point de vue interne de deux personnages principalement : la Comtesse Bathory et Vincent. Les personnages influencés, drogués et manipulés peuvent être : Anna, Trevaux/Rais, les aventuriers et Bathory elle-même. Les manipulateurs Cadevrius et Wolf. La personne la plus influençable serait Bathory, personnage qui pense avoir vu le plus de « choses incroyables ». Mais peut être les rituels magiques ont-ils vraiment fonctionné, et peut être Cadevrius est-il l’élu du Diable. A vous de lire 😉

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1 commentaire

Publié par le novembre 6, 2013 dans historique-fantastique, Roman

 

Une réponse à “Comtesse Bathory : Fantastique !

  1. Phooka

    décembre 13, 2013 at 9:20

    Un excellent roman à découvrir !

     

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