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Le retour de Cherokee Brown : questionnement sur le pouvoir de l’écriture

01 Déc

cvt_Le-retour-de-Cherokee-Brown_3321Un livre génial et délirant à lire pour se faire plaisir. Ce livre m’a particulièrement plu avant tout par son mode de narration. Nous découvrons un roman dans le roman. En effet Claire (qui bientôt recouvrera son véritable prénom : Cherokee) découvre un livre : Alors comme ça vous avez décidé d’écrire un roman et l’achète sur une impulsion. Chaque chapitre porte en exergue les conseils de ce livre, prodigués par Agatha Dashwood. On entend derrière ce nom la référence à la plus grande écrivaine de policier anglais, Agatha Christie, et à un personnage de Jane Austen dans Raison et sentiments. Sous ce double patronage, nous avons là la figure de « l’auteure », qui donne des conseils de bon aloi. Chaque amorce nous annonce ainsi ce que nous allons découvrir dans le chapitre, Claire/Cherokee mettant un point d’honneur a respecter les consignes. Nous jubilons ainsi lorsque Claire fait des « fiches personnages », en particulier lorsqu’elle doit réviser la fiche qu’elle avait faite sur « Claire Weeks », qui est en réalité « Cherokee Brown ». Le lecteur s’amuse de voir toutes les références à la culture indienne, subite passion de Cherokee, tout à son émerveillement quant à ses origines. Ce qui est vraiment intéressant c’est que le récit à la première personne est ainsi justifié, contrairement à de nombreux romans contemporains où l’on ignore le pourquoi du « je ». Du fait de ce stratagème narratif l’histoire est écrite dans un style fluide.

L’histoire est belle, et bien que rocambolesque, on se laisse embarquer. On ne s’ennuie pas une seconde dans ce récit bien rythmé. Le « retour » est d’abord celui de Steve Brown, le père absent. Mais sa réapparition va effectivement faire revivre le personnage de Cherokee, enfouis derrière la craintive Claire. Comme son vrai nom lui parait extraordinairement romanesque, la jeune fille reprend confiance en elle. L’écriture est ici une thérapie. 

Les personnages sont tous attachants. Non seulement Cherokee, Steve (le père rockeur) et Harrison (le beau garçon mystérieux), le trio principal, mais aussi les personnages secondaires comme la mère et la professeure dépressive. Le fait qu’ils ne soient présentés que par Cherokee donne au lecteur un travail de complément à faire. Cherokee change d’opinion au cours de l’histoire et finira pas admettre que sa mère l’aime et qu’elle a deux demi-frères (ce qu’elle refuse au départ alors qu’elle vit avec eux).

Les thèmes, abordés avec délicatesse ou piment, sont émouvants, en particulier pour des adolescents : la différence (avec le handicap), le harcèlement scolaire, la sensation de ne pas être intégré dans sa propre famille, les erreurs des adultes (parents et enseignants), etc.

C’est une belle lecture dont les conseils pourraient servir de base à un atelier d’écriture, aussi bien qu’à un travail sur le thème du harcèlement. C’est surtout un plaisir : à lire !

 

 

 

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Publié par le décembre 1, 2013 dans Jeunesse, réaliste, Roman

 

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