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Archives Mensuelles: septembre 2014

Réseau(x), 2 : tous les secrets révélés dans un grand final !

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Attention, accrochez-vous : roman qui file à cent à l’heure, à l’aune des mégabits des réseaux !

C’est la fin du diptyque  et c’est un vrai plaisir car l’on était sur des charbons ardents.

En guise d’introduction jetez un œil à la bande annonce qui m’avait alléchée avant même la sortie. J’aime bien la mise en scène et la présence de l’auteur en clown noir. Juste un bémol : il aurait fallu prendre peut-être une voix plus inquiétante (un peu robotisée ? plus lourde ?) En tout cas, ça donne le ton et pour les lecteurs du tome 1 c’est très bon de retrouver les slogans de la BCA.

Un certains nombre de personnages essentiels sont sacrifiés dans cette histoire et le ton est toujours aussi sombre.  Contrairement au premier livre dans lequel on pouvait avoir l’impression de se perdre avec les nombreuses composantes de l’intrigues et les personnages, ici tout est lisible. On avance pas à pas et le fil se dénoue. Ou peut-être est-ce parce que l’on s’est habitué au style particulier du livre, mélange de paragraphes consacrés à différents persos, avec inserts de publications des réseaux… Quoi qu’il en soit, on accroche ! Impossible de se détacher du récit.

Écrire un avis oblige à utiliser beaucoup de termes mystérieux, que vous ne pourrez comprendre qu’à la lecture… Alors pour éclaircir un peu les choses : la BCA est la Black Clown Army, dirigée dans le premier livre par Nada#1 (César), officiellement transformée par Nada#2 (Théo), avec l’abandon de la lutte armée, en BCB : Black Clown Brotherhood, puis au final en BCC : Black Clown Community. Cette évolution du sigle souligne les étapes de la pensée de Théo : de l’armée, à la fraternité puis à la communauté. Le jeune homme, héros de plus en plus torturé, aux responsabilités écrasantes léguées de force par son frère, veut continuer mais à sa manière. Il n’en est que plus attachant et l’acharnement policier devient encore plus oppressant.

L’autre personnage fort du livre est Alice, l’ex-commissaire, radiée suite à la tournure des évènements précédents. Elle cherche avant tout à faire éclater la vérité, comme nombre de clowns noirs et d’étudiants. Or Nada#1 s’est rendu, et le juge Henkel demande à Alice d’être son auxiliaire pour le faire parler. Celle-ci accepte et chaque rencontre entre ces deux fortes personnalités donne lieu à des scènes truculentes. Un exemple : celle où César décide de se déshabiller intégralement pour « rétablir la parité » avec Alice victime d’une diffusion massive de photos privées auparavant. D’ailleurs cette fameuse diffusion extraordinairement rapide et exponentielle avait un but bien précis et l’on saura enfin quel était ce génial stratagème.

D’autre part la scène finale avec Henkel, César, Alice et plusieurs policiers est un moment où le brio de l’auteur pour les retournements de situation s’exprime pleinement. Reine blanche et reine noire, Alice cesse d’être un pion !

La couverture est aussi bluffante que la première (ce qui était une gageure !) : on ne sait s’il s’agit d’un extrait de jeu vidéo ou bien d’un véritable rassemblement type PIFR (Play It For Real). On a tout de suite une petite idée de l’identité du seul personnage dont on distingue le visage : Théo ; mais tout compte fait c’est peut-être un leurre comme le KO#2 final peut le laisser supposer. Ce KO#2 est un rassemblement où est censée éclater la vérité, à moins que la police ne s’en mêle et n’empêche les choses d’advenir…

On a bien vite fini de dévorer ce petit pavé ; repus et satisfaits de connaître tout les tenants et aboutissants, vaguement abasourdis par la maestria des entrelacs des intrigues… et se demandant si la fin ouverte permettra de retrouver certains personnages un jour ! Destiné à un public mur, Réseau(x), comparé à Instinct qui est une très bonne série jeunesse du même auteur, est clairement un cran au-dessus !

En conclusion, ce tome 2 donne toute son ampleur à la série qui est à la fois très originale, addictive et bien écrite.

 
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Publié par le septembre 30, 2014 dans anticipation, Roman

 

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Martyrs, livre 2 : époustouflant !!!

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Je l’attendais ce livre, je trépignais d’impatience même ; la magie a opéré : j’ai été de nouveau transportée dans cet univers enchanteur ! L’ouvrage est toujours aussi beau (voyez la jaquette !), avec cette fois-ci une carte dans chaque rabat, qui correspondent à deux époques distinctes. Les illustrations intérieures sont soit de nouvelles cartes du jeu de tarot, soit des portraits très travaillés : Akinessa, Opimer, Karmalys et Allena. L’écriture est toujours pleine d’allant et l’intrigue parfaitement agencée. J’ai dévoré le pavé de 600 pages et quelques ; j’avais vraiment du mal à m’en détacher. Si vous avez aimé le premier livre, jetez à bas votre PAL, et ouvrez Martyrs 2, vous ne le regretterez pas ! Si vous ne connaissez pas encore la série Martyrs… qu’est-ce que vous attendez pour vous précipiter chez votre libraire ? Amours, haines, solitude, trahisons, duels, guerre, manipulation, magie : il y a tout !

Le livre 1 plaçait les jalons de nombreuses histoires, présentait les protagonistes et se terminait sur une révélation fracassante, qui remettait en perspective le récit. Le livre 2 approfondit tous les aspects évoqués précédemment et déploie toujours plus largement un monde chamarré et vibrant : Palerkan et ses îles. Chaque « clan » ou peuple en présence a ses propres motivations, et chacun des personnages principaux peut être considéré comme un « méchant » d’une certaine façon. En tout cas, les actes sont le plus souvent violents. Mais d’un autre point de vue, chacun d’eux agit au mieux pour sa cause et ses alliés et rarement par simple intérêt personnel. Donc ils seraient tous « héroïques » en quelque sorte. J’ai vraiment aimé cette ouverture psychologique qui montre un monde empreint d’humanité et moins manichéen que l’univers traditionnel de la fantasy (avec les « méchants orques » de Tolkien par exemple). Il y a de grosses différences tout de même entre les personnages, tout est dans la subtilité : Opimer, le père carnage, ou Cavall semblent plus nobles tandis qu’Akinessa baisse dans notre estime à mesure qu’elle doit faire des compromissions pour garder le pouvoir. S’il y a un personnage que l’on adore toujours autant haïr, c’est l’affreux Dorian Lisbach. Quant à Karmalys, je ne dis rien pour ne pas vous gâcher les rebondissements.

Les personnages qui polarisent toute notre attention sont Irmine, bien sûr, et Allena que l’on découvre réellement dans ce tome. Irmine pouvait paraître comme un anti-héros dans le premier livre : adolescent sans morale, ni but, taiseux et fasciné par son frère plus brillant. Seul son amour pour Kassis lui avait donné quelques couleurs et consistance. Or ici nous allons au contraire voir se déployer un personnage fort et fascinant, qui construit sa personnalité et devient réellement un homme adulte et un héros. C’est lui qui a les cartes en main (au sens propre 🙂 et s’il semble parfois perdu ou hésitant c’est bien dans son apprentissage du monde et de sa propre valeur. Sa relation avec son frère est extrêmement émouvante, et l’on se sent vraiment pris de trouble lors de l’aveu que fera Irmine à son ainé (oui j’ai pleuré…). Irmine devient le champion du lecteur autant que des habitants d’Alerssen. On ne veut qu’une chose qu’il réussisse, bien qu’on ne connaisse pas ses plans ! L’histoire d’Allena par contre ne nous rend ni compatissants ni plein d’admiration mais elle est édifiante. C’est l’adversaire terrible et implacable idéale. Ce duo est très bien trouvé.

Les chapitres « 0 », qui concernent donc des évènements antérieurs à l’aventure principale, nous distillent des informations petit à petit. C’est génial et en même temps très frustrant car il faut imaginer complètement les raccords et faire les ponts soi même pour comprendre les implications. On pourrait penser que l’auteur se joue du lecteur, mais il le fait avec respect : il lui fait confiance, il y a un véritable échange de pensée qui semble se créer : « Voilà un mot qui pourrait bien être un indice… -Ah, c’est là que tu veux nous amener ! » C’est une lecture grisante où l’on se sent soi-même créateur de ce domaine imaginaire.

 Les dernières pages du livre sont purement magnifiques. L’auteur doit être un magicien car j’avais la gorge serré et des larmes d’émotions devant cette évocation de la beauté. Tout le récit nous mène à ce pinacle. Je croyais vraiment être devant…cet être. On referme le livre, sonné, avec un sourire sur les lèvres.

J’ai adoré !

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Je ne résiste pas à joindre cette illustration d’Akinessa la main douce, magnifique en couleurs !

 
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Publié par le septembre 23, 2014 dans fantaisie, Roman

 

La maîtresse de guerre : plongez dans l’action avec Kaëlyn

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 Que voilà une lecture passionnante ! Après avoir fort apprécié la plume de l’auteur dans Le puits des mémoires, je me suis lancée avec plaisir dans les aventures de Kaëlyn.

Je ne suis pas très calée dans ce genre, mais il me semble que ce récit n’est pas de la « fantasy classique ». Point de dragon en tout cas, si je compare avec Chroniques des Mondes émergés, autre titre de fantasy jeunesse que j’avais apprécié et comparable (une héroïne qui veut à tout prix devenir un guerrier également). Il s’agit d’un destin extraordinaire dans un monde à peine irréel. Mais effectivement la magie à bien cours, comme on le constatera avec l’intervention d’un nécromant, qui tombe a point nommé.

La scène d’introduction est très drôle, au second degré, et nous installe dans un univers d’inspiration médiévale, tout ce qu’il y a de plus misogyne. Le parti pris de choisir une héroïne sonne comme un challenge. Il est vrai que dans Le Puits (en tout cas le premier tome), les femmes ne servaient pas à grand chose. Pari relevé M. Katz ?

Le côté « guerre et batailles » m’inquiétait un peu je l’avoue, les scènes du gouffre de Helm ou de la bataille de Minas Tirith étant ce que m’a le plus fait bailler dans l’œuvre géniale de Tolkien. Mais non, La Maîtresse de guerre évoque sans cesse la guerre, mais sans aucune longueur dans une description de bataille. Ouf ! J’ai trouvé la première scène, Kaëlyn à peine débarquée, hyperviolente mais surtout déroutante. Elle introduit le personnage du Maître de guerre, mais nous coupe aussi l’herbe sous le pied car rien ne semble prendre la direction attendue. Et finalement celle qui rêve d’être une grande guerrière, l’égale d’un homme, ne combat pas et ne doit sa survie qu’au fait d’être femme (et donc servante potentielle).

Du fait du développement de l’histoire, la plupart des combats auxquels on assiste sont des duels, qui servent à aguerrir Kaelyn pendant sa formation. L’écriture, très visuelle permet vraiment de s’imaginer ces affrontements. Et un duel est beaucoup plus intéressant à décrire ou à lire, à mon avis, qu’une scène de bataille. Nous y aurons tout de même droit avec la prise du fort, mais celle-ci sera rondement menée ce qui allège l’écriture.

L’univers d’Azman, notamment Damnas, qui se déploie peu à peu, au rythme où notre héroïne le découvre, est riche et intrigant.  Il est fort agréable d’apprendre peu à peu les us et coutumes de ce royaume du Sud. On rêve de se balader sur ces marchés qui ont sans doute les senteurs de l’Orient. Un des élément clé du roman est le jeu sur le renversement de point de vue de Kaëlyn. Venue pour combattre des barbares, elle découvre une culture raffinée qui finira par lui paraître plus juste et plus belle, au point de combattre pour sa sauvegarde.

Ce roman apparait certes comme un écho des croisades, mais peut être est-il plus proche qu’on ne le croit de notre actualité. Observons : un occident arrogant et sûr de sa supériorité prétend au nom de la liberté, valeur universelle, aller faire sa loi dans un lointain pays oriental. Cela étant, en réalité, prétexte à faire main basse sur des ressources… Sans qu’il y ait forcément un message dans l’œuvre, on sent chez l’auteur une volonté d’ouvrir les esprits à plusieurs manières d’appréhender le monde.

Parlons à présent un peu des personnages. Le couple des héros ne sont pas les personnages les plus fascinants à mon sens : Hadrian parce qu’on sait trop peu de choses sur son compte pour s’y attacher (encore que la scène où il est ivre le rende plus humain), Kaëlyn parce qu’elle subit beaucoup son destin et ressemble trop à « une fille parfaite ». Là où Gabriel Katz excelle, c’est pour camper les personnages de méchants, de fourbes, de fous !  Un personnage très fort est celui de Dikaon, amoureux fou qui deviendra un Waerg, bestial et primaire. Sa passion repoussée, il est aveuglé, et le différent ne pourra se régler que dans le sang. Le meilleur personnage à mon sens est la terrible Fenia, la  jalouse, la manipulatrice. Femme d’Hadrian elle ne peut que pressentir ce qui va arriver et est prête à tout pour se venger. Sa manipulation du sultan même reste géniale. J’en profite pour noter un petit bémol dans ma lecture : la scène finale m’a glacée. La vengeance de Kaëlyn m’a semblé lâche et très « mesquine », j’aurais préféré qu’en bonne guerrière qu’elle est devenue, elle lui tranche le cou proprement.

En conclusion, je vous recommande ce livre certes « young adult » mais prenant ; n’ayez pas d’a priori même si vous ne lisez jamais de fantaisie, c’est une super roman d’aventure. Ce livre à toute sa place sur les étagères des CDI de lycée et même de collège (je suis plus réservé pour Le Puits) ! La difficulté peut consister à attirer les élèves vers ce livre : les garçons risquent d’être repoussés par une héroïne fille (et oui 12 ans et déjà macho…), et les filles méfiantes devant le genre fantasy et le mot « guerre » dans le titre. Donc un livre a proposer à des élèves que l’on connait et à promouvoir en club lecture par exemple. Ne serait-ce que pour leur faire lire du bon français !

 

 

 
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Publié par le septembre 16, 2014 dans fantaisie, Jeunesse, Roman