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Archives Mensuelles: octobre 2014

Orphans : une série jeunesse originale à découvrir !

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Voilà une excellente série, qui est intelligente mais facile à lire. Elle correspond très bien à des lecteurs de collège. En effet le style est fluide et laisse une bonne part aux dialogues. Les descriptions ne sont jamais ennuyeuses, bien que l’on ne cesse de découvrir de nouveaux lieux. L’histoire est complètement ancrée dans le nord de la Charente-maritime, présente et historique (notamment des évocations de la seconde guerre mondiale).

Orphans, c’est une série disons de science-fiction…mais pas dans l’acception classique du terme. C’est un roman d’aventure qui utilise comme axe narratif principal deux mondes parallèles. L’on pourrait croire dans un premier temps que le monde 1, celui de Marin au début de l’histoire est le notre (le monde du lecteur). Mais l’auteur nous pousse a bien y réfléchir et j’ai modifié cette hypothèse au cours de ma lecture. Tout d’abord la ville où il habite s’appelle La Roche d’Aulnay, alors qu’il s’agit manifestement de La Rochelle, la configuration des lieux, les rues, les bâtiments (musées, aquarium) l’affirment. D’autres lieux par contre ont un nom identique : l’île d’Oléron ou Meschers-sur-Gironde. Mais le monde 2, celui dans lequel Marin et Tessa se retrouvent piégés, nous semblent si différent du notre, parce qu’on y pratique la télépathie, que l’on vit dans des principautés, ou encore que l’on conserve la musique des morts…, que l’on trouve forcément le monde 1 plus « réel » en comparaison. On imagine donc un seul monde parallèle. La fin du livre 3 nous offre une clé, puisqu’il y est fait mention d’un troisième univers, ce qui indique bien un multivers. A partir de là, il semble plus logique de penser que le monde 1 n’est pas tout à fait le notre. J’ai trouvé cette manière de jouer avec le lecteur particulièrement fine et bien menée.

Les personnages des ados permettent une forte identification pour des jeunes : Marin est un lycéen débrouillard, en pleine crise d’ado mais qui n’est pas toujours sûr de sa force et peut éprouver de la jalousie. Tessa, le personnage féminin, est une fille active et maligne. João, qui apparait plus tard semble prendre la place du bon ami, un simple ingrédient pour créer un trio et provoquer quelques jalousies. Mais finalement il se révèle porteur d’un secret dont nous n’aurons la révélation que dans les dernières pages et qui va modifier le cours de l’histoire.

La galerie des adultes oscille entre personnages plutôt réalistes, comme la journaliste Alexia, les scientifiques fous, façon Speruto et Broch, mais encore des sortes d’initiateurs tout droit sortis d’un conte de fée comme Apollonia. Le méchant Proteus/Speruto est assez diabolique pour se faire détester cordialement et l’on aimerait un châtiment ou une rédemption mais la fin est plus ouverte que cela.

Les deux premières couvertures sont absolument magnifiques, et donnent envie d’ouvrir ces livres, un peu comme s’il s’agissait de grimoires magiques. Je suis plus réservée sur la troisième, qui avec son traitement réaliste casse la série visuellement ; et il me semble qu’il aurait été plus judicieux de représenter finalement la carte des tarots décrite dans l’histoire, ne serait-ce que pour respecter une forme très symétrique.

En conclusion c’est une histoire qui intriguera fortement les jeunes et qui ne peut que pousser à la lecture. La fin du tome 1 nous laisse avec des dizaines d’interrogations et donne très envie d’avancer. Le tome 3 clôt en beauté la série avec toutes les révélations que l’on attendait.

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Publié par le octobre 15, 2014 dans Jeunesse, Roman, SF

 

Oracle t.4, Le malformé : Sans aucun doute le meilleur tome de la série !

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Le tome 4 d’Oracle tient toutes ses promesses. Gardant un ton très adulte, l’histoire contient violence, démence et scènes crues, mais cela sans aucune facilité : chaque élément, chaque case est au service de la tragédie qui se noue. Comme dans les tomes précédents, le contexte mythologique classique est respecté. Ici ce sont Aphrodite et Apollon auxquels se « confronte » Mélos, pauvre mortel. Les personnages très intéressants des ménades et des satyres, faunes des forêts, sont finement exploités. On croisera aussi un animal légendaire qui faisait déjà rêver les grecs de l’antiquité : la licorne. On retrouve l’Oracle et Homère (qui a des idées de saga !), cette fois-ci à Corinthe, accompagnés d’un mystérieux inconnu dont vous saurez le drame in fine.

L’anti-héros de cette aventure est Mélos, un homme a priori bon et comblé, qui se voit injustement maudire par Apollon, jaloux de lui. Il n’était pas évident de faire d’un être difforme le personnage principal d’un des tomes, notamment parce que la couverture est nettement moins aguicheuse que la première ;). Melos est rendu monstrueux par Apollon. Sa disgrâce va à la fois l’élever car il deviendra un cuisinier hors pair, à l’égal d’un dieu, et le faire chuter comme le plus méprisable des hommes. Complètement obsédé par la conquête d’Aphrodite qu’il pense aimer sincèrement, et en même temps par sa revanche sur Apollon…, il sera amené à aller toujours plus loin dans l’ignominie. Se trouvant toujours une justification, il ira jusqu’au sacrilège. L’obsession et l’instinct de possession, dans un amour à sens unique, sont décortiqués dans cette fable psychologique.

En contrepoint de cet amour démentiel, on voit évoluer le couple de Thesmodion et Ananka : non-humains, ne vivant que pour le plaisir des sens, purs, communiants avec la nature, leur amour est simple et libre. Le personnage de Thesmodion est particulièrement savoureux, et apporte une touche d’humour au récit, chose que l’on n’avait pas encore vu dans la série ; d’une part grâce à des expressions grivoises amusantes (« par mes bourses fripées ») et surtout par ces jeux avec la belle Ananka. La page où Mélos débarque au mauvais moment et où elle recommande à son amant de parler de ses « histoires de pieu durci » avec son ami nous fait sourire dans cette histoire sombre, somme toute, de bout en bout.

Si l’histoire est tragique et fascinante, le dessin, lui, est absolument somptueux ! Le travail de Nicolas Demare, c’est du grand art ! Les plans très rapprochés, avec un souci du détail incroyable, permettent de faire ressentir la moindre émotion grâce à l’expression des visages. Les plans plus larges donnent un cadre magique au récit que ce soit dans la forêt de Corinthe, très luxuriante, ou bien dans les pays étrangers traversés par Melos. De l’Égypte (double planche qui fait rêver) à la lointaine Asie, on voyage beaucoup grâce à ce coup de crayon. Les auteurs nous gratifient de mises en pages très imaginatives, je pense en particulier à celle où Mélos se contemple dans la fontaine, ou bien à la page du « miroir éclaté ». J’ajoute que le travail de colorisation est vraiment excellent et vient magnifier le dessin. C’est coloré, c’est lumineux ou sombre quand il le faut, intelligemment !

En résumé, on a là un tome absolument envoûtant à tout point de vue !!! Même ceux qui n’ont pas lu les épisodes précédents peuvent s’y plonger, car rappelons que les récits sont indépendants. Ne boudez pas votre plaisir et foncez découvrir cette pépite de chez Soleil !

 
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Publié par le octobre 8, 2014 dans Bande dessinée

 

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