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Nos amies les bactéries :chérissons-les

05 Mar

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Ce livre donne à réfléchir sur nous-mêmes et sur quelques maladies dites « occidentales » : obésité, autisme, maladies auto-immune, syndrome de l’intestin irritable, dépression… Facile à lire et hypothèse intéressante.

J’avais été passionnée par le documentaire Le ventre notre deuxième cerveau, qui développait l’importance de l’action des neurones dans la zone du ventre. Une dernière partie évoquait un « troisième cerveau », au sens où la colonie de nos bactéries intestinales est un ultime centre de contrôle de notre corps, de notre vie. Voilà pourquoi j’ai choisi ce livre dans la dernière « masse critique » de Babelio. Comme je le supposais c’est bien de cela qu’il s’agit dans cet ouvrage.

J’ai retenu ces chiffres incroyables : nous sommes composés à 10% de cellules humaines et à 90% de cellules bactériennes. Mieux encore, si nous fonctionnons grâce aux 21.000 gènes de notre ADN humain, nous bénéficions également de plus de 4,4 millions de gènes supplémentaires grâce à nos bactéries. Le corps leur sous-traite des choses qu’il ne sait pas faire, comme la synthèses de vitamines, la sécrétion des certaines toxines. Tous les mammifères ont également leurs grandes colonies de bactéries. En fait, un humain sans bactéries ne serait pas un homme « normal ».

La thèse de l’auteur est que la plupart de nos maladies modernes et occidentales sont dues à un déséquilibre de notre « microbiote », à savoir notre flore bactérienne. Nos connaissances sont en effet très limitées sur ces sujets de recherche. L’auteur compile donc toutes les études qui pourraient aller dans le sens de cette hypothèse. Je lui fais le reproche de nous expliquer à plusieurs reprises ce qu’est la rigueur scientifique, puis de citer une thèse et enfin de faire comme si cette seule source suffisait. Après quelques précautions oratoires, « il semblerait que », dès le paragraphe suivant, la conclusion est actée ce qui n’est pas très scientifique. A lire donc comme une plaisante  vulgarisation scientifique, avec une hypothèse unique. Ceci-dit le contenu est très convainquant quand on y songe, à défaut d’être pleinement étayé.

J’ai été subjuguée par la partie sur les dangers des antibiotiques. Car que font-ils ? Ils dézinguent tout sur leur passage, y compris nos amies bactéries utiles. Voilà pourquoi on a le ventre en vrac à chaque cure… Et nous savons, car la sécu aime à nous le rappeler, que nous en consommons trop. Ces miracles de la science qui évitent des morts certaines, sont bien trop prescrits à la légère. Exemple : pour les otites des plus petits, ou leurs angines. On sait qu’à 95% ces maux sont d’origine virale…et à 5% d’origine bactérienne. Or que font les médecins ? Mettent-ils un échantillon en culture pour déterminer s’il y a bien présence d’une bactérie ? Heu…non, ils prescrivent systématiquement l’antibiotique. Ce qui a comme conséquence immédiate de ne servir à rien dans 95% des cas, de mettre le bidou du bébé en vrac et de créer des souches résistantes aux antibiotiques… Dans quelques années nous n’aurons plus le secours des antibiotiques car nous en avons trop abusé. C’est vraiment un problème de santé public primordial et je n’en avais seulement vaguement conscience auparavant. De plus les effets sur le ventre se font sentir encore une année après. Or nous en prenons environ une fois par an… Y a un souci !

J’ai également appris à cette lecture comment rendre mince ou obèse une souris « anexique », que l’on a élevée avec un minimum de microbes, en lui injectant les bactéries d’une autre souris. Et encore quel est le rôle de l’appendice, un organe qui « ne servait à rien » soi-disant pendant longtemps et serait notre réservoir de bactéries amies justement, quand celles-ci ont été décimées. Enfin pourquoi il est important de se préoccuper de la colonisation du bébé par les bactéries de sa mère plutôt que de le laisser affronter seul celles d’un hôpital… Lorsque l’accouchement par voie basse n’est pas possible et que le bébé sort par césarienne, il y a des solutions de colonisation artificielle.

Bref éviter les antibiotiques si possible, accoucher par voie basse ou remédier à une césarienne sont la base des solutions proposées. Éviter les antibactériens à tous crins aussi. Quelques démystifications importantes : manger des yaourts natures ne sert pas à grand chose (dommage moi j’adore ça!), ni prendre des probiotiques (effet partiel), tout simplement car les quantités sont infimes en regard des colonies sérieusement installées en nous. Pour modifier, améliorer notre colonie que faire ? Manger des fibres pour nourrir nos bonnes amies bactéries. Cela m’évoque le dicton « an apple a day keeps the doctor away ». Car selon l’auteur nous ne mangeons pas tant plus, ni plus gras ou plus sucré qu’avant (enfin si quand même !) mais surtout nous ne consommons plus du tout assez de fibres (à peine 10% de ce qu’on mangeait au début du XXe s.)

Un documentaire très simple à lire et qui vous interpellera si vous vous intéressez à votre santé.

 

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Publié par le mars 5, 2016 dans Uncategorized

 

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