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Archives Mensuelles: avril 2018

Travel book Cuba : ce carnet est une œuvre d’art !

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En tournant les pages de ce magnifique carnet de voyage on se sent emporté à Cuba en une seconde, comme déposé par un cyclone émotionnel au cœur de l’île. Qu’il choisisse le trait au crayon, l’encrage ou les touches de peinture, Li Kunwu fait toujours montre de sa grande sensibilité, transfigurant ses impressions au prisme de son art.

L’objet-livre est en soi merveilleux par sa finition, sa qualité, sa densité. Le format à l’italienne permet une vision extrêmement large et parfois panoramique avec quelques très belles double pages.

On ne peut que revenir encore et encore dans cet univers, feuilletant, rêvant, cherchant les détails, s’imprégnant d’un lieu si puissant. Ces visages interpellent tandis que l’on croit entendre les klaxons et les voix, sentir les odeurs de mer et d’épices, pouvoir goûter à ces fruits… C’est la quintessence du carnet de voyage, un genre qui remonte à Delacroix et Gauguin.

Ce n’est donc pas tant un carnet de voyageur qu’un carnet d’artiste. Pour en savoir plus sur le parcours de vie de Li Kunwu il faut découvrir son autobiographie en bande dessinée, Une vie chinoise.

Avec son génie particulier, il nous sert de guide de La Havane à Santiago, à la ville comme à la campagne. Les pages en regard proposent des contrastes de style comme de sujets : offrant portraits ou foules bigarrées, monuments comme petites échoppes, paysages et scènes de vie. Certaines illustrations reproduisent des éléments textuels qui font sens : panneaux, affiches, plaques de rues, ticket d’alimentation. La série de six pages sur le combat de coq est à la fois une narration et une étude animale.

Un très bel ouvrage qui donne envie tant de partir que se plonger dans d’autres carnets de voyages…

 

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Publié par le avril 27, 2018 dans documentaire

 

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Les loups chantants : conte glaçant…

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Voici une course contre le temps au cœur de la Sibérie…qui ne laisse pas indifférent. Le récit prend l’apparence une quête classique pour trouver un remède (médical ou magique). Un garçon mène ses chiens dans le Blizzard pour sauver sa soeur, ou se perdre lui-même… La question de l’émancipation féminine est le foyer central de l’histoire. Anastasia, la citadine rationnelle en jean pourrait paraitre l’archétype de l’émancipation, mais ce sont Asya et Kira, toutes deux mystiques, en acceptant leur part animale, qui sont les véritables Femmes-flammes.

Le personnage d’Anastasia était le plus intéressant de mon point de vue, étant celle qui bascule de la rationalité à l’acceptation du surnaturel. Mais on a peu son point de vue, car l’auteur ménage un effet de surprise sur sa motivation dans ce voyage périlleux.

J’ai apprécié ce rythme intense qui fait lire le roman d’une traite. Dès le départ, on est plongé dans cet univers qui fait penser à un conte fantastique, avec ses monstres, ses rituels (les « mots de pouvoirs ») et ses doutes lancinants. Mais l’auteur a su éviter l’emploi d’un personnage naïf qui découvrirait ce monde et nous plonge directement dedans, procédé que je préfère toujours.

Le thème des chamans m’a plu et le pouvoir de Yuri m’a fait penser à la superbe série Chroniques de temps obscurs. La partie « chiens de traineaux » et les paysages m’ont eux plutôt renvoyé à Jack London (Croc-blanc et L’appel de la forêt). En tout les cas, un conte bien glacé, avec scènes d’horreurs comme l’attaque des monstres « unbrascolléàunejambe ».

Dès le départ de me suis doutée du destin de Kira, de la nature de la louve, personnage à part entière, mais j’avoue avoir été surprise par la fin, bien plus ouverte que je ne l’aurais pensé. On sort du conte pour rejoindre le roman d’initiation.

Un bon roman.

 

 
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Publié par le avril 17, 2018 dans fantastique, Jeunesse, Roman