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Archives d’Auteur: lireetclaire

Travel book Cuba : ce carnet est une œuvre d’art !

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En tournant les pages de ce magnifique carnet de voyage on se sent emporté à Cuba en une seconde, comme déposé par un cyclone émotionnel au cœur de l’île. Qu’il choisisse le trait au crayon, l’encrage ou les touches de peinture, Li Kunwu fait toujours montre de sa grande sensibilité, transfigurant ses impressions au prisme de son art.

L’objet-livre est en soi merveilleux par sa finition, sa qualité, sa densité. Le format à l’italienne permet une vision extrêmement large et parfois panoramique avec quelques très belles double pages.

On ne peut que revenir encore et encore dans cet univers, feuilletant, rêvant, cherchant les détails, s’imprégnant d’un lieu si puissant. Ces visages interpellent tandis que l’on croit entendre les klaxons et les voix, sentir les odeurs de mer et d’épices, pouvoir goûter à ces fruits… C’est la quintessence du carnet de voyage, un genre qui remonte à Delacroix et Gauguin.

Ce n’est donc pas tant un carnet de voyageur qu’un carnet d’artiste. Pour en savoir plus sur le parcours de vie de Li Kunwu il faut découvrir son autobiographie en bande dessinée, Une vie chinoise.

Avec son génie particulier, il nous sert de guide de La Havane à Santiago, à la ville comme à la campagne. Les pages en regard proposent des contrastes de style comme de sujets : offrant portraits ou foules bigarrées, monuments comme petites échoppes, paysages et scènes de vie. Certaines illustrations reproduisent des éléments textuels qui font sens : panneaux, affiches, plaques de rues, ticket d’alimentation. La série de six pages sur le combat de coq est à la fois une narration et une étude animale.

Un très bel ouvrage qui donne envie tant de partir que se plonger dans d’autres carnets de voyages…

 

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Publié par le avril 27, 2018 dans documentaire

 

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Les loups chantants : conte glaçant…

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Voici une course contre le temps au cœur de la Sibérie…qui ne laisse pas indifférent. Le récit prend l’apparence une quête classique pour trouver un remède (médical ou magique). Un garçon mène ses chiens dans le Blizzard pour sauver sa soeur, ou se perdre lui-même… La question de l’émancipation féminine est le foyer central de l’histoire. Anastasia, la citadine rationnelle en jean pourrait paraitre l’archétype de l’émancipation, mais ce sont Asya et Kira, toutes deux mystiques, en acceptant leur part animale, qui sont les véritables Femmes-flammes.

Le personnage d’Anastasia était le plus intéressant de mon point de vue, étant celle qui bascule de la rationalité à l’acceptation du surnaturel. Mais on a peu son point de vue, car l’auteur ménage un effet de surprise sur sa motivation dans ce voyage périlleux.

J’ai apprécié ce rythme intense qui fait lire le roman d’une traite. Dès le départ, on est plongé dans cet univers qui fait penser à un conte fantastique, avec ses monstres, ses rituels (les « mots de pouvoirs ») et ses doutes lancinants. Mais l’auteur a su éviter l’emploi d’un personnage naïf qui découvrirait ce monde et nous plonge directement dedans, procédé que je préfère toujours.

Le thème des chamans m’a plu et le pouvoir de Yuri m’a fait penser à la superbe série Chroniques de temps obscurs. La partie « chiens de traineaux » et les paysages m’ont eux plutôt renvoyé à Jack London (Croc-blanc et L’appel de la forêt). En tout les cas, un conte bien glacé, avec scènes d’horreurs comme l’attaque des monstres « unbrascolléàunejambe ».

Dès le départ de me suis doutée du destin de Kira, de la nature de la louve, personnage à part entière, mais j’avoue avoir été surprise par la fin, bien plus ouverte que je ne l’aurais pensé. On sort du conte pour rejoindre le roman d’initiation.

Un bon roman.

 

 
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Publié par le avril 17, 2018 dans fantastique, Jeunesse, Roman

 

Dans la combi de Thomas Pesquet : on plane et on sourit

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Marion Montaigne a encore frappé par sa subtilité de grande vulgarisatrice scientifique. Non, pas par la subtilité de ses blagues…de sa pédagogie uniquement. Après nous avoir intéressé aux sciences avec « Tu mourras moins bête », puis aux sciences sociales avec le génial « Riche, pourquoi pas toi » (assertif, pas interrogatif du tout…), voici tout, tout, tout sur l’astronautique. Le sujet est superbe, et elle parvient à rendre humain et proche un évènement technique et que nous ne vivrons jamais : partir dans l’espace, à bord de l’ISS.

La personnalité de Thomas Pesquet est sans aucun doute pour quelque chose dans ce succès, et on l’imagine, suivit partout pendant ses préparatifs par une Marion qui ne cesse de prendre des notes et de faire des bouts de croquis. Opiniâtre et prêt à tout, il voit son rêve de gosse se réaliser. C’est émouvant et l’on a envie effectivement d’être dans sa « combi ». Enfin jusqu’à ce que l’on apprenne que lors d’une EVA (sortie dans l’espace), l’astronaute passe son temps à faire des gaz, à cause de la différence de pression entre l’intérieur de la combi et son ventre. Oui voilà, c’est le genre de détails que l’autrice se délecte de nous apprendre. C’est scientifique, on vous dit !

Le livre est très long, et on ne s’ennuie jamais. Encore, encore…crie notre cerveau. Tout est relaté : de l’enfance de Thomas, les étoiles au fond des yeux, à son retour sur terre après 6 mois à bord de l’ISS, en passant par les tests psychologiques et les entrainements de survie. Il y a une foule de petits détails marrants, des références à foison.

Le trait reste celui du style de Marion, c’est à dire du croquis qui en peu de trait résume une idée. On pourrait parler de documentaire dessiné. La couverture est très intelligemment construite. Je n’avais pas compris l’astuce en prenant la BD, au départ, il a fallu que je la regarde vraiment plus tard.

Que dire si ce n’est : lisez ! A offrir aux ados, aux grands, aux fans de l’espace comme à ceux qui croient ne pas s’y intéresser.

 
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Publié par le mars 23, 2018 dans Bande dessinée, documentaire

 

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Les Zenfants zéro déchet – Ze Mission : ton cadeau de Noël préféré <3

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Youpi, après Ze guide Zero déchet, le livre pour les enfants. Il est encore plus cool ! Acheté pour le CDI car il est temps de se lancer dans l’écologie à grande échelle -oui on trie le papier depuis cette année seulement … On y parle sérieusement et clairement aux enfants : de la planète, de la surconsommation, et avec un lexique s’il vous plait. Sont évoqués bien des aspects de la vie de tous les jours : goûter, vêtements, jouets, pic-nic, fêtes; etc…

Le livre nous donne plein d’idées , faire soi -même sa colle, sa pâte à modeler, son shampoing, un vide-grenier, des gâteaux…. Pour l’école aussi : compostage des déchets de la cantine, choix des fournitures, poulailler ?

Le livre est à la fois informatif et drôle. On pâlit devant les photos de la mer de plastique et des décharges à ciel ouvert…et on s’amuse beaucoup avec les petites BD des héros du Zero ! Mention spéciale à Compostman, l’ami des lombrics, cra-cra et tellement sympa.

La dessinatrice s’en donne a cœur joie et j’ai trouvé super la page de « sommaire dessiné » (une grande maison avec un jardin) ainsi que l’idée de la page où l’on colorie son héros en fonction des actions réussies (zero girl ou zero boy au choix).

Le zero déchet c’est un mode de vie, que la famille Pichon-Moret expérimente, et avec brio puisqu’ils n’ont plus qu’une poubelle à jeter par an (hors recyclables que sont verre et bouteilles de lait). Oui, oui, avec deux enfants donc : Dia et Mali qui sont les protagonistes qui nous servent de modèles dans le livre. des pro du goûter maison !

Un livre super cool à offrir à Noël !!! ❤

 

 

 

 

 

 

 
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Publié par le novembre 18, 2017 dans Uncategorized

 

L’enjomineur, 1792 : chef-d’oeuvre

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Du grand art : une histoire profonde et intéressante sur fond historique, tout ce que j’aime ! C’est extrêmement documenté et très bien écrit.

Tout d’abord bravo à l’auteur de nous faire entrer dans la grande histoire avec autant de brio. Après un premier chapitre qui sert avant tout à poser l’intrigue, on suit dès le deuxième, le personnage d’Emile dans le bocage vendéen et l’on est confronté au patois. Là on peut dire que ça passe ou ça casse : les phrases sont abruptes et sans traduction on pourrait se détourner du récit par paresse. Mais en fait, on entre comme dans du beurre dans cette « langue » à condition de se laisser porter et de ne pas s’agacer de ne pas tout comprendre parfaitement. Ensuite par accumulation et déduction on comprend les dialogues facilement, en particulier parce que les réponses sont en français. On referme le livre en ayant retenu ce magnifique juron :  » grand fils de vesse ». Ce patois crédibilise le récit et nous immerge dans une époque.

L’autre tour de force, à mon avis, consiste dans le choix des personnages. Sur le sujet des guerres de Vendée, qu’aurait pu choisir un auteur lambda pour présenter les points de vue ? Un chouan royaliste contre un révolutionnaire anticlérical ? C’est bien plus subtil… Pierre Bordage propose deux personnages « décentrés » qui pour des raisons différentes ne prennent pas parti. Pour l’un, Emile, c’est parce qu’il est lettré et raisonne en véritable humaniste, effrayé des passions qui montent et de la guerre qui se prépare, et pour l’autre, Cornuaud, parce qu’en fieffé coquin, il ne voit que son propre intérêt dans toute situation et ne possède aucun idéal. Et c’est cette distanciation qui va justement apporter le meilleur éclairage. Toutes leurs rencontres avec des paysans, des nobles, des gredins, de bons citoyens, des brutes sanguinaires… vont occasionner des dialogues qui nous permettent de mieux comprendre le contexte et les raisons de chacun. J’ai trouvé ça parfaitement dosé. De plus les deux personnages se répondent en miroir, l’un incarnant le bien et l’autre le mal, chacun menant sa quête (retrouver la femme aimée/se débarrasser d’un maléfice), et évoluant pour finalement peu à peu devenir un duo moins manichéen.

La question de la présence de la magie enfin me fait classer ce roman dans le bon fantastique, même si la fin de ce premier tome tranche la question. Il y a d’une part la question de la magie Vaudou, car l’on se demande si l’envoutement de la sorcière est imaginaire ou si ce sont les remords qui rongent Cornuaud. D’autre part Emile, rationaliste, refuse toute incursion de la magie dans sa vie avant de devoir se rendre à l’évidence.

Un excellent roman, qui mène à deux tomes complémentaires : 1793 et 1794. J’ai hâte de les lire !!!

 
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Publié par le septembre 19, 2017 dans historique-fantastique, Roman

 

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Mérovingiens : coup de cœur historique !

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Une récit historique tout simplement coup de cœur ! Ce roman se propose de révéler les coulisses de la naissance du royaume de France, rien de moins… Bluffant et réaliste ! L’auteur prend le parti de l’aventure et nous suivons donc Wyso, contraint de devenir espion du roi Clovis, dans ses périlleuses missions.

Dans la mesure où le règne de Clovis n’est connu qu’à travers le récit hagiographique L’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, de nombreuses zones d’ombres demeurent : Clovis fit assassiner beaucoup de gêneurs, mais comment ? Patrick Mc Spare se livre ici à un exercice de haut vol : en respectant les faits tenus pour certains, imaginer tout le détail des missions des espions. C’est jouissif, et l’on n’a de cesse de vouloir vérifier les éléments historiques. On est dans une histoire plus réelle et palpable que la version officielle.

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L’époque choisie est en soi passionnante : le début du Haut Moyen-âge ! C’est un bouillon d’où va émerger notre civilisation actuelle : fin de l’empire romain, dont seul l’empire d’Orient et quelques places fortes comme Soisson demeuraient, Royaumes de « barbares » Wisigoth ou Ostrogoth bien plus structurés que l’on a tendance à le penser, manigances des « évèques » pour imposer le pouvoir temporel de l’Eglise. C’est une période plus fascinante que ne le conçoit habituellement l’imaginaire collectif qui a tendance à rabaisser indument l’ère médiévale.

Ensuite la narration étalée dans le temps, le temps long de la politique, nous fait apprécier autrement la valeur du contexte historique. Et permet de déployer l’évolution psychologique des personnages ! Parlons tout d’abord de Wyso, un héros qui se pense guerrier avant tout mais se trouve à l’aise dans la peau d’un manipulateur, d’un maître espion, en raison d’un chantage. Il passe par tous les stades : colère, déni, résignation, mort intérieur, rage de nouveau. Sans réellement s’attacher à lui on éprouve une grande compassion pour sa personne. Par contre j’admire Valesta, froide meurtrière et personnage secondaire au début du roman qui prend de l’ampleur tout au fil du récit. Quant à Gunthar, il reste le plus mystérieux de la bande d’espions, et ne semble animé que par la vengeance. Théodoric le Grand, roi ostrogoth qui se sent devenir fou ou encore Alboflède, bouillante sœur de Clovis m’ont particulièrement plu. Si vous avez aimé la galerie de personnages de Game of thrones, vous serez conquis par ces personnalités ambigües et complexes que l’on aime détester.

En plus de toutes les missions d’assassinat et de manipulation des trois agents, le fil conducteur du récit est l’énigme que doit résoudre Wyso : qui a enlevé Guénolé ? Où est détenue leur fille ? Pourquoi le tordu Daga Wulf prétend-il ne pas être le responsable de leur disparition, mais entretient-il le chantage pour faire manœuvrer Wyso à son gré ? Est-il sorcier, démon ou simple mortel ? La conclusion du roman devrait vous surprendre. Pour ma part je n’ai rien vu venir… Entre indications données au compte-goutte et fausses pistes, qui est le plus manipulateur ? L’auteur sans doute.

La belle langue va de pair avec le récit historique. Le style est tout en plein et délié, on aimerait lire ce texte sur un parchemin, gratté à la plume.

De l’action et des trahisons à la louche, une dose d’érotisme, une pincée de fantastique et même un zeste de romance, il y a tout pour plaire au lecteur dans ce récit. Plus que de l’Histoire, une belle histoire…

 

 

 

 

 

 

 

 
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Publié par le juin 16, 2017 dans historique, Roman

 

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Un autre regard : le cadeau à offrir à vos amis

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Voilà une BD que j’attendais avec impatience après le buzz qu’a fait sa BD-blog « Fallait demander » sur la charge mentale. Vous l’avez forcément vu passer ! Le blog d’Emma est génial.

L’auteur s’auto-édite donc avec « Un autre regard ». Admirez le clin d’œil de la couverture… car non il ne s’agit pas d’un œil mais bien d’une vulve. Oui, Emma est féministe et elle va nous parler entre autre : des suffragettes, de l’épisiotomie, de la dépression du post-partum, du clitoris… Et encore du regard masculin ET féminin qui objective (=tronçonne en morceaux de chair donc), le corps des femmes. Il ne s’agit pas pourtant de s’adresser uniquement aux femmes, et vraiment je vous conseille de le faire lire à tout le monde.

L’axe d’Emma est avant tout politique et si elle s’intéresse au sort des femmes c’est parce qu’elle s’intéresse aux opprimés en général. L’histoire de Mohammed, victime de tirs policiers lors de perquisitions dans le contexte post-attentats, ou la mort d’Adama Traoré sont très bien traités. Ces sujets sont exposés avec clarté et sans fioritures pour ouvrir les yeux sur des pratiques policières qui existent malheureusement en France et que nous tolérons tous en se disant « bah ils avaient bien dû faire quelque chose »…

Il s’agit donc de billets de blog édités, l’intérêt du livre c’est cette possibilité de l’offrir pour faire « voir les choses autrement » à ceux à qui on peut avoir envie de l’offrir.  Et c’est super. On aurait aimé en avoir encore plus à l’intérieur !!! En espérant que la diffusion de ce livre soit à la hauteur de la qualité du contenu. Amis libraires et bibliothécaires ne passez pas à côté de cet ouvrage pour le faire connaître !

 
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Publié par le juin 15, 2017 dans Bande dessinée, Essai

 

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