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Archives de Catégorie: documentaire

Travel book Cuba : ce carnet est une œuvre d’art !

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En tournant les pages de ce magnifique carnet de voyage on se sent emporté à Cuba en une seconde, comme déposé par un cyclone émotionnel au cœur de l’île. Qu’il choisisse le trait au crayon, l’encrage ou les touches de peinture, Li Kunwu fait toujours montre de sa grande sensibilité, transfigurant ses impressions au prisme de son art.

L’objet-livre est en soi merveilleux par sa finition, sa qualité, sa densité. Le format à l’italienne permet une vision extrêmement large et parfois panoramique avec quelques très belles double pages.

On ne peut que revenir encore et encore dans cet univers, feuilletant, rêvant, cherchant les détails, s’imprégnant d’un lieu si puissant. Ces visages interpellent tandis que l’on croit entendre les klaxons et les voix, sentir les odeurs de mer et d’épices, pouvoir goûter à ces fruits… C’est la quintessence du carnet de voyage, un genre qui remonte à Delacroix et Gauguin.

Ce n’est donc pas tant un carnet de voyageur qu’un carnet d’artiste. Pour en savoir plus sur le parcours de vie de Li Kunwu il faut découvrir son autobiographie en bande dessinée, Une vie chinoise.

Avec son génie particulier, il nous sert de guide de La Havane à Santiago, à la ville comme à la campagne. Les pages en regard proposent des contrastes de style comme de sujets : offrant portraits ou foules bigarrées, monuments comme petites échoppes, paysages et scènes de vie. Certaines illustrations reproduisent des éléments textuels qui font sens : panneaux, affiches, plaques de rues, ticket d’alimentation. La série de six pages sur le combat de coq est à la fois une narration et une étude animale.

Un très bel ouvrage qui donne envie tant de partir que se plonger dans d’autres carnets de voyages…

 

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Publié par le avril 27, 2018 dans documentaire

 

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Dans la combi de Thomas Pesquet : on plane et on sourit

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Marion Montaigne a encore frappé par sa subtilité de grande vulgarisatrice scientifique. Non, pas par la subtilité de ses blagues…de sa pédagogie uniquement. Après nous avoir intéressé aux sciences avec « Tu mourras moins bête », puis aux sciences sociales avec le génial « Riche, pourquoi pas toi » (assertif, pas interrogatif du tout…), voici tout, tout, tout sur l’astronautique. Le sujet est superbe, et elle parvient à rendre humain et proche un évènement technique et que nous ne vivrons jamais : partir dans l’espace, à bord de l’ISS.

La personnalité de Thomas Pesquet est sans aucun doute pour quelque chose dans ce succès, et on l’imagine, suivit partout pendant ses préparatifs par une Marion qui ne cesse de prendre des notes et de faire des bouts de croquis. Opiniâtre et prêt à tout, il voit son rêve de gosse se réaliser. C’est émouvant et l’on a envie effectivement d’être dans sa « combi ». Enfin jusqu’à ce que l’on apprenne que lors d’une EVA (sortie dans l’espace), l’astronaute passe son temps à faire des gaz, à cause de la différence de pression entre l’intérieur de la combi et son ventre. Oui voilà, c’est le genre de détails que l’autrice se délecte de nous apprendre. C’est scientifique, on vous dit !

Le livre est très long, et on ne s’ennuie jamais. Encore, encore…crie notre cerveau. Tout est relaté : de l’enfance de Thomas, les étoiles au fond des yeux, à son retour sur terre après 6 mois à bord de l’ISS, en passant par les tests psychologiques et les entrainements de survie. Il y a une foule de petits détails marrants, des références à foison.

Le trait reste celui du style de Marion, c’est à dire du croquis qui en peu de trait résume une idée. On pourrait parler de documentaire dessiné. La couverture est très intelligemment construite. Je n’avais pas compris l’astuce en prenant la BD, au départ, il a fallu que je la regarde vraiment plus tard.

Que dire si ce n’est : lisez ! A offrir aux ados, aux grands, aux fans de l’espace comme à ceux qui croient ne pas s’y intéresser.

 
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Publié par le mars 23, 2018 dans Bande dessinée, documentaire

 

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Big data : big challenge à lire…

Un livre de référence de la célèbre collection Que sais-je ? et écrit par Pierre Delort.
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J’ai choisi ce livre dans la dernière masse critique, pensant pouvoir découvrir plein de secrets sur les géants Facebook et Google. C’est le cas, mais une grande partie du livre est consacré à des aspects techniques, et là j’ai eu plus de mal.

La partie sur le « Google flu », c’est à dire la prédiction des pics d’épidémie grippale grâce aux requêtes de recherche sur le moteur est extrêmement intéressante à connaître en détails.

Ce livre reste pourtant assez difficile d’accès pour les non initiés. A lire si votre entreprise s’intéresse au big data.

 
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Publié par le juillet 20, 2015 dans documentaire

 

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens : à découvrir si vous êtes curieux

Voilà un livre bien intéressant, à moins que vous n’ayez fait des études de commerce ou de marketing auquel cas vous connaissez déjà le pied-dans-la-porte. Pour la littéraire que je suis, j’y ai appris des tas de « trucs » dont certains semblent évidents, mais pas tous.

Les auteurs attirent notre attention sur les pièges que « nos » décisions recèlent. L’amorçage, le pied-dans-la-porte, la-porte-au-nez,  et autres techniques diverses… sont des effets étudiés en sociologie pour comprendre comment influencer le comportement de quelqu’un. La base est de demander un premier engagement peu couteux (signer une pétition, répondre à une courte enquête, gouter un produit…) avant d’enchaîner sur une véritable demande.

En guise d’introduction les auteurs présentent cette étude célèbre : si vous demandez de la monnaie à un inconnu pour votre parcmètre, vous aurez 4 fois plus de chance de l’obtenir en demandant l’heure auparavant. Ah ? Bon à tenter alors.

Les chapitres passent en revue les techniques usuelles d’influence. On commence en douceur avec des exemples concrets en suivant le personnage imaginaire de Mme O., cela favorise l’identification. Mais c’est un peu agaçant de voir le stéréotype de cette « ménagère de moins de cinquante ans » à longueur de pages. Les auteurs auraient pu varier plus sans que cela diminue leur propos. Bref, c’est un détail.

Les auteurs justifient les scénettes plaisantes que l’on vient de lire en décrivant les différentes études de sociologies célèbres ayant démontré ces phénomènes ; ensuite place à la théorie…quand c’est possible. Ils reprennent les théories traditionnellment émises puis développent la leur. Le concept est celui de « la soumission librement consentie ». C’est à dire que l’on est plus enclin à persévérer dans une action si l’on pense avoir effectué un véritable choix. S’il nous semble que l’on a voulu nous imposer quelque chose, au contraire on va se braquer. Élément extrêmement important à souligner : le fait que l’on parle bien ici d’actions et non de points de vue. Il s’agit bien de « faire faire » et non de convaincre. En combinant les manipulations on peut obtenir de grands résultats, et pour de bonnes causes, comme dans l’exemple où des étudiants réduisent leur consommation de cigarettes.

Deux chapitres sont moins convaincants à mes yeux : ceux sur les manipulation au quotidien (amis, marchands, chefs et pédagogue). On n’y apprend rien de plus. Cela ne fait que pointer du doigt des situations où l’on utilise le plus ces procédures. L’école en fait partie évidemment.

Le chapitre sur le marketing est plus prenant. J’ai noté que pour les auteurs nos perceptions inconscientes ont un réel impact sur nous (mais oui vous savez ces bannières sur le côté de Face-de-bouc que, « non bien sur vous ne lisez jamais ». N’empêche que si je vous dit « marque de chaussure en ligne »…je suis sure que vous voyez…)

La conclusion en forme d’interview est très bien faite et amusante. Notamment pour retenir les conseils de nos auteurs :

1 : apprenez à revenir sur une décision, et à considérer les nouveaux éléments -(on a tendance à vouloir être ferme…même quand on a pris une mauvaise décision)

2 : considérer deux décisions successives comme indépendantes (j’ai dit oui hier…mais ça ne conditionne pas ma réaction d’aujourd’hui)

3 : ne surestimez pas votre liberté (en accordant trop d’importance au fait d’avoir choisi ceci plutôt que cela…vous risquez de vous embourber)

Voilà de bien bons conseils à mettre en pratique dès le livre refermé !

Petit bémol qui m’a gâché partiellement la lecture : les propos misogynes, anti-couples et anti-enfants. Il s’agit sans doute de faire « rire » le lecteur en établissant une connivence. Ben non, désolée ça m’a carrément gonflée. Un peu plus de subtilité serait bienvenue.

En conclusion un ouvrage à feuilleter au moins une fois. Pour méditer et  regarder clairement si nous avons tendance ou pas à « nous faire avoir ».

 

 

 
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Publié par le juillet 7, 2014 dans documentaire

 

« Le roman secret de l’évolution : avec Darwin et Wallace » : vulgarisation romancée

 

Un docu-fiction qui a le mérite de faire percevoir au lecteur, jeune ou adulte, les questionnements qui ont été ceux des penseurs de l’évolution. Sur le mode de l’aventure, nous embarquons avec Bakary qui se trouvera employé par deux scientifiques : Charles Darwin et Alfred R. Wallace. Grâce à ce personnage on peut suivre les deux savants dans leurs périples respectifs (4 ans pour Darwin et 10 ans pour Wallace). On découvre ainsi les conditions de vie des voyageurs de l’époque et la manière de collecter des spécimens. Bakary écoute avec intérêt les propos de ses « capitaines » et les intègre avec son bon sens. Son ami Ablo représente en contrepoint le « naïf », plein de convictions qu’il sera dur de dépasser (dont le dogme des 7 jours).

Le vocabulaire créole du narrateur et de son ami peut dérouter ceux qui le liront pour la première fois ; il donne une coloration vivante à l’aventure et crédibilise les personnages. Bakary a ainsi une double culture, celle des boys de Bahia et celle qu’il a appris auprès d’un vieux Lord. Il s’adresse au lecteur dans un langage métissé. J’ai regretté de laisser Bakary au terme de l’histoire sans savoir où ces voyages le mèneront, finalement seuls les savants comptent.

Un regret sur cet ouvrage : le choix de la mise en page. La différence de couleur entre dialogues et récit était une bonne idée mais la différence de police et de marge gauche est lourde à l’œil. L’appréhension globale de la page s’en trouve amoindrie. D’autre part les dessins ne sont pas tous intéressants. Plutôt que de voir les protagonistes (et la tête de Darwin ou Wallace…), on aimerait voir plus d’animaux, à l’exemple de l’illustration des Galapagos avec iguanes et tortue géants. Certaines erreurs de perspectives sont malheureuses.

C’est une lecture sympathique pour la jeunesse, mais trop monotone pour des ados. Il faudra sans doute accompagner un jeune lecteur en reprenant une réflexion d’un personnage pour lui faire éclaircir ce qu’il comprend et l’amener lui aussi à rêvasser sur cette histoire incroyable de la géologie et de l’évolution.

En fin d’ouvrage on trouve un appendice documentaire utile : biographie des deux scientifiques dont il a été question et surtout une synthèse sur l’évolution, bien utile pour le parent qui veut s’assurer de ses bases avant de lancer la discussion, ou pour un ado pour faire un exposé. Primaire ou collège.

 
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Publié par le décembre 4, 2013 dans documentaire, Roman

 

Les aventures des trois princes de Serendip ; voyage en sérendipité : clin d’œil aux amis docs

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J’ai reçu cet ouvrage grâce à l’opération « masse critique » de Babelio (un livre contre une critique). J’ai été immédiatement attirée par le titre. Combien d’amis n’ai-je pas bassinés au cours d’une soirée avec le fameux concept de sérendipité ? Ce « lumineux objet du désir épistémique » comme le dit Marie-Anne Paveau dans le chapitre passionnant qui clôt le livre. Tous ceux qui sont passé par la préparation au concours de documentaliste voient de quoi il s’agit. Calqué sur l’anglais « serendipity », cela désigne la capacité à trouver…ce qu’on ne cherchait pas ! Le « hasard fécond » est souvent utilisé dans la sphère du web 2.0.

J’allais enfin avoir la clé de l’origine du mot et connaître le conte original. Louis de Mailly en est l’auteur, ou plutôt le traducteur-traître. Il s’inspire d’un récit italien de Armeno, mais se détache rapidement pour créer ses propres histoires. Ce conte est un récit enchâssé qui introduit 9 nouvelles. Dès les premières pages, le lecteur français se retrouve face à une perspicacité qui rappelle Zadig, de Voltaire. La scène du chameau a  d’ailleurs largement inspiré ce dernier (rappelez-vous du cheval et de la chienne perdus). Bref cela commence plaisamment. Mais pour la suite j’avoue que le lecture des contes insérés m’a peu passionné. On y trouve beaucoup de « gens de qualité », c’est à dire des princes et princesses sages et prudes, des magiciens et des démons mais le thème principal est surtout l’amour. Notamment la question de la passion et de la fidélité. Les hommes n’y ont pas le beau rôle, inconstants et inutilement jaloux le plus souvent. L’auteur veut à la fois plaire et édifier un public de son époque qui aime les romances. Un peu ennuyeux. A côté des Mille et une Nuit, cela fait bien pâle figure.

Les princes de Sérendip ne sont pas très intéressants. Mais c’est un texte à connaître ne serait-ce que pour son influence. L’orient y est miraculeux. J’ai d’ailleurs été déstabilisée par l’alliance entre le souci de rationalité et celui du merveilleux. Il me semble incroyable que dans un premier temps les princes résolvent les mystères grâce à leur perspicacité et leur sens de l’observation, puis par une espèce de sens magique. Quand il s’agit du chameau les indices sont factuels : l’herbe est rongée, les empreintes du chameau et le la femme sur le chemin, les fourmis et les mouches. Par contre quand il s’agit du repas, les impressions dominent : « le coeur accablé de tristesse ». Finalement ces princes sont plus des magiciens que des détectives.

Par contre j’ai adoré la partie documentaire qui est vraiment très bien présentée et complète. Un chapitre « une belle infidèle endormie » nous explique l’histoire du manuscrit et compare justement les textes. Le chapitre « Serendipity : suite anglaise » nous montre comment l’expression a été créée et employée par Horace Walpole. Et le chapitre final, comme je l’ai dit précédemment le plus intéressant à mes yeux, donne tous les détails sur la popularité de cette notion de nos jours. Trouvant le terme vilain à l’oreille, j’ai été ravie de découvrir le néologisme formé par les québécois, infatigables inventeurs de la langue : la fortuité.

Un ouvrage pour les curieux et les spécialistes.

« Que vous aimiez La Vie devant soi. ou Le Trône de Fer., Giono. ou Eric-Emmanuel Schmitt., Babelio vous invite toute l’année à découvrir des avis sur des livres. ou des extraits d’oeuvres. en allant sur Babelio.com. »

 
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Publié par le octobre 23, 2013 dans Conte, documentaire