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Archives de Catégorie: Essai

Un autre regard : le cadeau à offrir à vos amis

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Voilà une BD que j’attendais avec impatience après le buzz qu’a fait sa BD-blog « Fallait demander » sur la charge mentale. Vous l’avez forcément vu passer ! Le blog d’Emma est génial.

L’auteur s’auto-édite donc avec « Un autre regard ». Admirez le clin d’œil de la couverture… car non il ne s’agit pas d’un œil mais bien d’une vulve. Oui, Emma est féministe et elle va nous parler entre autre : des suffragettes, de l’épisiotomie, de la dépression du post-partum, du clitoris… Et encore du regard masculin ET féminin qui objective (=tronçonne en morceaux de chair donc), le corps des femmes. Il ne s’agit pas pourtant de s’adresser uniquement aux femmes, et vraiment je vous conseille de le faire lire à tout le monde.

L’axe d’Emma est avant tout politique et si elle s’intéresse au sort des femmes c’est parce qu’elle s’intéresse aux opprimés en général. L’histoire de Mohammed, victime de tirs policiers lors de perquisitions dans le contexte post-attentats, ou la mort d’Adama Traoré sont très bien traités. Ces sujets sont exposés avec clarté et sans fioritures pour ouvrir les yeux sur des pratiques policières qui existent malheureusement en France et que nous tolérons tous en se disant « bah ils avaient bien dû faire quelque chose »…

Il s’agit donc de billets de blog édités, l’intérêt du livre c’est cette possibilité de l’offrir pour faire « voir les choses autrement » à ceux à qui on peut avoir envie de l’offrir.  Et c’est super. On aurait aimé en avoir encore plus à l’intérieur !!! En espérant que la diffusion de ce livre soit à la hauteur de la qualité du contenu. Amis libraires et bibliothécaires ne passez pas à côté de cet ouvrage pour le faire connaître !

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Publié par le juin 15, 2017 dans Bande dessinée, Essai

 

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Un autre monde est possible : Varoufakis expose l’économie à sa fille

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Un livre à découvrir pour une approche de l’économie actuelle. J’étais très motivée pour lire ce titre après avoir lu l’intéressant article du même auteur dans le Monde Diplomatique d’août 2015. Varoufakis est une plume. Ici le ton est beaucoup plus simple, car il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation, qui se lit d’une traite. J’ai été agréablement surprise par la facilité de l’ouvrage. Ceci dit, sur le même sujet j’ai lu le Manuel d’anti-économie de Bernard Maris, illustré de nombreux exemples précis, plus fouillé, et récemment le On marche sur la dette, qui m’avait donné de bonnes bases pour ce sujet.

Le sous-titre parait mal choisi : « pour que ma fille croie encore à l’économie ». En effet Yanis Varoufakis, ex-ministre grec de l’économie, conclue que les économistes sont un peu comme les chamans, y croient ceux qui veulent… mais ce n’est pas très malin. Au contraire il engage sa fille, et donc chaque lecteur, à choisir l’esprit critique, plutôt que d’accepter le discours dominant à savoir « faut bien qu’on continue comme ça, c’est normal qu’il y ait de telles inégalités ». Donc je dirais que c’est un livre pour ne surtout PAS croire à la prétendue scientificité du discours économique. Le titre ne me parait pas meilleur, car il s’agit plutôt d’un constat et d’un cours, que de propositions pour un autre monde.

On apprécie la préface à l’édition française, concoctée pour nous, dans laquelle M. Varoufakis explique son projet : non pas écrire réellement pour sa fille, mais « pour tester les limites de [sa] propre compréhension. » C’est à dire énoncer clairement les questions fondamentales de l’économie qui pour lui tient de la philosophie.

Pour tenir le lecteur en haleine, supposé donc être un jeune exigeant et qui se lasse vite, il écrit des paragraphes courts avec des intertitres, ce qui rend vraiment la lecture très claire. Mais surtout il utilise beaucoup d’astuce : des questions rhétoriques, à commencer par « pourquoi les aborigènes n’ont-ils pas envahis l’Angleterre ? » ; des exemples de la vie réelle (les couchers de soleil à Egine pour différencier un bien d’un produit) ; des exemples historiques (le camp où était prisonnier de guerre Radford pour expliquer la monnaie)… Mais surtout des références cinématographiques, dont le fil rouge est Matrix.

Je conseille donc ce livre à tous ceux qui ont le souci de comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure, tout simplement, avec un point de vue engagé à gauche, aucun angélisme voir une once de pessimisme.

 
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Publié par le octobre 12, 2015 dans Essai