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Baroque N’Roll : ça va vous faire grincer…

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Je découvre cet auteur grâce à Book en Stock (Merci les filles !) dans le cadre du « mois de mai » consacré à Anthelme Hauchecorne. J’avais tout d’abord craqué pour la couverture et le jeu de mot du titre, et je précise que j’aime particulièrement les nouvelles. Les nouvelles, c’est la quintessence de l’écriture. J’attendais donc beaucoup de ma lecture.

Pari gagné, car au fil des pages j’ai complètement adhéré au style de l’auteur. La première nouvelle  » Nuage rouge » nous indique tous les éléments fétiches de l’auteur : un style assez décalé avec beaucoup de métaphores qui font jouer les rouages de l’imagination ; de l’humour, voire du cynisme ; des éléments fantastiques ; un discours sur la société. On retrouvera ces impondérables au fil des autres nouvelles. Un petit exemple de comparaison hallucinante : « Comme vous regarderiez votre meilleur ami qui vous proposerait d’investir dans son projet de club échangiste pour escargots »…

Là où je trouve vraiment que l’auteur est très fort, c’est dans sa capacité à faire vivre tout un monde à partir d’un huis-clos. Deux des nouvelles m’ont particulièrement bluffées : Madone Nécrose tout d’abord m’a terrifiée. On découvre petit à petit un futur apocalyptique, où l’élément « zombie » n’est qu’un motif pour raconter un histoire de passion et de vengeance. Tout cela lors d’une discussion dans un bar avec une fin à vous faire tomber à la renverse. Trêves de comptoir, où là encore tout se passe dans un bar (tiens, tiens) met en scène des superhéros en train de s’entredéchirer. Les fans de comics apprécieront l’humour et l’hommage.

L’élément fantastique est souvent un prétexte pour parler de l’humain : individualisme, manipulation des foules, bêtise…Le diable noir  m’a beaucoup séduit avec son exploration qui tourne mal. L’avidité et l’inconscience du voleur le font pénétrer dans un antre fétide qu’il aurait mieux fait d’éviter. Les flics (personnages du polar que l’auteur à plaisir à utiliser) donnent un contrepoint et permettent de « respirer » hors du bateau monstrueux. La longue chute du personnage de Logique d’ensemble est quant à lui un plaidoyer anti-guerre et l’occasion d’une réflexion. La plupart du temps c’est grinçant, c’est méchant.

Les nouvelles qui m’ont le plus décontenancées sont les contes macabres : le jardin et la Tatie… J’avoue ne pas avoir accroché et la réapparition de la figure de l’homme-tronc, métaphore sans doute de l’avilissement de l’homme, m’a glacée.

Après avoir bien dégusté votre lecture, je vous conseille de vous pencher sur le « backstage », c’est-à-dire « les coulisses de nouvelles ». L’éditeur aurait été mieux inspiré de mettre cela en annexe, mais enfin rien de grave, il suffit « d’enjamber » cette partie et d’y revenir. L’auteur nous précise le contexte d’écriture de chaque nouvelle, souvent des commandes pour des magazines ou des anthologies. Intéressant pour le lecteur curieux que nous sommes de découvrir la « cuisine ». Aurez-vous deviné la contrainte que s’imposait l’auteur sur telle ou telle nouvelle ? Ce n’est pas forcément celle à laquelle on pense de prime abord.

A noter également : l’autobiographie fictive, pince-sans-rire, vaut le détour.

Cette découverte m’a beaucoup plu et j’espère lire prochainement autre chose de cet auteur, peut être un roman, pour voir…

 

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Publié par le avril 30, 2014 dans fantastique, Nouvelles