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Réseau(x), 2 : tous les secrets révélés dans un grand final !

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Attention, accrochez-vous : roman qui file à cent à l’heure, à l’aune des mégabits des réseaux !

C’est la fin du diptyque  et c’est un vrai plaisir car l’on était sur des charbons ardents.

En guise d’introduction jetez un œil à la bande annonce qui m’avait alléchée avant même la sortie. J’aime bien la mise en scène et la présence de l’auteur en clown noir. Juste un bémol : il aurait fallu prendre peut-être une voix plus inquiétante (un peu robotisée ? plus lourde ?) En tout cas, ça donne le ton et pour les lecteurs du tome 1 c’est très bon de retrouver les slogans de la BCA.

Un certains nombre de personnages essentiels sont sacrifiés dans cette histoire et le ton est toujours aussi sombre.  Contrairement au premier livre dans lequel on pouvait avoir l’impression de se perdre avec les nombreuses composantes de l’intrigues et les personnages, ici tout est lisible. On avance pas à pas et le fil se dénoue. Ou peut-être est-ce parce que l’on s’est habitué au style particulier du livre, mélange de paragraphes consacrés à différents persos, avec inserts de publications des réseaux… Quoi qu’il en soit, on accroche ! Impossible de se détacher du récit.

Écrire un avis oblige à utiliser beaucoup de termes mystérieux, que vous ne pourrez comprendre qu’à la lecture… Alors pour éclaircir un peu les choses : la BCA est la Black Clown Army, dirigée dans le premier livre par Nada#1 (César), officiellement transformée par Nada#2 (Théo), avec l’abandon de la lutte armée, en BCB : Black Clown Brotherhood, puis au final en BCC : Black Clown Community. Cette évolution du sigle souligne les étapes de la pensée de Théo : de l’armée, à la fraternité puis à la communauté. Le jeune homme, héros de plus en plus torturé, aux responsabilités écrasantes léguées de force par son frère, veut continuer mais à sa manière. Il n’en est que plus attachant et l’acharnement policier devient encore plus oppressant.

L’autre personnage fort du livre est Alice, l’ex-commissaire, radiée suite à la tournure des évènements précédents. Elle cherche avant tout à faire éclater la vérité, comme nombre de clowns noirs et d’étudiants. Or Nada#1 s’est rendu, et le juge Henkel demande à Alice d’être son auxiliaire pour le faire parler. Celle-ci accepte et chaque rencontre entre ces deux fortes personnalités donne lieu à des scènes truculentes. Un exemple : celle où César décide de se déshabiller intégralement pour « rétablir la parité » avec Alice victime d’une diffusion massive de photos privées auparavant. D’ailleurs cette fameuse diffusion extraordinairement rapide et exponentielle avait un but bien précis et l’on saura enfin quel était ce génial stratagème.

D’autre part la scène finale avec Henkel, César, Alice et plusieurs policiers est un moment où le brio de l’auteur pour les retournements de situation s’exprime pleinement. Reine blanche et reine noire, Alice cesse d’être un pion !

La couverture est aussi bluffante que la première (ce qui était une gageure !) : on ne sait s’il s’agit d’un extrait de jeu vidéo ou bien d’un véritable rassemblement type PIFR (Play It For Real). On a tout de suite une petite idée de l’identité du seul personnage dont on distingue le visage : Théo ; mais tout compte fait c’est peut-être un leurre comme le KO#2 final peut le laisser supposer. Ce KO#2 est un rassemblement où est censée éclater la vérité, à moins que la police ne s’en mêle et n’empêche les choses d’advenir…

On a bien vite fini de dévorer ce petit pavé ; repus et satisfaits de connaître tout les tenants et aboutissants, vaguement abasourdis par la maestria des entrelacs des intrigues… et se demandant si la fin ouverte permettra de retrouver certains personnages un jour ! Destiné à un public mur, Réseau(x), comparé à Instinct qui est une très bonne série jeunesse du même auteur, est clairement un cran au-dessus !

En conclusion, ce tome 2 donne toute son ampleur à la série qui est à la fois très originale, addictive et bien écrite.

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2 Commentaires

Publié par le septembre 30, 2014 dans anticipation, Roman

 

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Réseau(x) : insomnie garantie…

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Waouw ! Voilà un récit complètement génial, et flippant…

Le thèmes abordés et leur contexte ne vous laissent pas indifférents : il s’agit d’un futur proche dans lequel tout le monde partage sa vie, ses vidéos et ses cauchemars sur un réseau dédié le DKB (sorte de facebook du futur). Deux grand thèmes parallèle se développent. J’ai énormément apprécié le thème ludique : le groupe des anarchistes, menés par Nada1. Ce manipulateur hors pair essaie par tous les moyens (comme le lâcher de cochon volant ! ou les scènes de Jeu vidéos célèbres reconstituées) de réveiller les consciences. Par contre j’ai été dégoûtée par le thème du snuff movie. C’est un sujet délicat. Ici il est traité avec une certaine distance, et sans en rajouter sur les scènes gores. Mais cela met quand même mal à l’aise.

Les personnages sont très bien pensés et intéressants. La jeune Sixtine, lycéenne, est une ado en proie à des cauchemars,dont certains semblent être prémonitoire. Elle est ballottée par le récit et n’a que peu l’occasion de prendre des initiatives. Quand elle a l’occasion de faire des choix elle se montre toujours courageuse, bien qu’un peu trop naïve (la police, le vidéo, la fuite). Maud et Jeremy sont les étudiants du récit : elle passionara du blocage des facs, lui plutôt dans le monde virtuel (des jeux vidéos et de la drogue)., personnages secondaires, ils servent de rouages à l’histoire. Les flics de ce roman ont chacun un vécu touchant : lui en père dépassé (mais attendrissant) et ancien alcoolique, et la jeune commissaire Alice, trahie par son ex-petit ami. La mésaventure qui lui arrive est d’ailleurs effectivement réaliste, et il est notable que ce soit elle, et non une des plus jeunes filles du récit qui en soit la victime. Malgré son rôle de femme forte, elle est vulnérable. Enfin César est le personnage le plus abracadabrantesque et le plus complexe. Il semble schizophrène et se prend de plus en plus pour son personnage virtuel Nada1, chef de file d’un groupe ludo-anarchiste sur le DKB. Intouchable, il lance des opérations à grande échelle pour semer la confusion dans les grandes villes d’Europe. Son rôle est trouble tout au long du livre. Enfin Théo se révèle incroyablement au fil de l’aventure.

Car de l’aventure il y en a ! On ne décroche pas une seconde, et tout ce monde futuriste est élaboré en arrière-plan par petite touche. La scène d’exposition permet grâce au personnage du flic « naïf » d’apprendre au lecteur la base de ce monde anticipé : tout se passe sur le DKB, grand réseau social, et en particulier sur le MyDarkPlaces, qui sert à publier ses rêves, ou plutôt ses cauchemars. Il sert aussi aux gens louches à communiquer anonymement. Sixtine et Théo, tous deux en terminale option cinéma y publient leurs travaux. Ceux de Sixtine sont inspirés de ses visions et c’est là le point de départ du cauchemar réel que va devenir sa vie.

La narration repose sur la multiplication des points de vue et c’est très bien fait. Le lecteur peut croire qu’il connait plus de détails que les personnages, mais on se fait mener en bateau admirablement. Attention le début est particulièrement ardu et nécessite une bonne concentration car l’auteur met en place une multitude de points fondateurs et une galerie de personnage assez dense. Il ne faut pas s’arrêter avant les cent premières pages sous peine de perdre le fil. Mais après ! C’est le feu d’artifice. Le suspense est tellement insoutenable qu’on ne peut plus reposer le livre. Et il est difficile de s’endormir sereinement : les ressorts et rouages continuent à se mettre en place, une fois le livre refermé.

Littéralement palpitant…d’où l’insomnie qui risque de vous prendre si vous commencez !

 
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Publié par le novembre 17, 2013 dans anticipation, Jeunesse, Roman

 

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