RSS

Archives de Catégorie: fantaisie

Aelfic : une aventure qui va vous faire dresser l’oreille (en pointe)

9782367404998FS

Préparez-vous à courir après les mots, de chapitres en chapitres, comme Ael galope pour retrouver son monde et éviter une issue fatale à ses parents. Un très bon roman ado, qui repose sur des ressorts classiques et efficaces : actions et déductions, courses et astuces. Grâce à la belle plume de Patrick Mc Spare, cela séduit aussi les plus grands.

Le jeune Ael s’éveille dans un  étrange monde après un (banal ?) accident de voiture. Inquiet d’être déjà dans l’au-delà, ne trouvant pas trace de ses parents, il cogite sur son sort quand l’aventure déboule : il est enlevé par des monstres dans le noir, puis poursuivi par d’invisibles « bourdonnantes », et finalement ramené à la lumière grâce à un peuple aux oreilles pointues… Tiens d’ailleurs il semblerait qu’elles lui aient également poussées. Est-ce un point de non retour ?

Patrick Mc Spare prend plaisir, on le voit, à se jouer des codes du genre fantasy, et en particulier de la peuplade elfe. La description de la première rencontre évoquera, pour certains, cette même découverte par le sieur Bilbo, dans le roman éponyme. En cours d’aventure vous aurez le plaisir de rencontrer un clin d’œil très explicite à Monsieur Tolkien.

Le roman n’est pas tout à fait « fantasy » au sens classique du terme, mais plutôt un intermédiaire avec le fantastique puisque les allers-retours possible avec notre monde sont l’objet même de la quête. Les passages qui se déroulent « chez les humains » apportent un contrepoint sérieux qui fait saillir la créativité du monde des neuf forêts. On assiste à l’extension foisonnante d’un monde, façon Harry Potter, mais sur le mode des cercles concentriques.

L’humour est une autre composante importante du roman, notamment grâce aux dialogues. Le duo comique formé par Lilydra et Mouk, adjuvants du héros, annonce dès le premier chapitre que ce livre est placé dans un registre plutôt léger.

Une lecture très agréable qui fait vivre de nombreux rebondissements car les différents protagonistes ne dévoilent qu’au compte-goutte leur véritable nature. On tente de deviner qui est le traître dans cette foule. Certains personnages qui peuvent apparaitre comme secondaire sont très bien campés : l’attachante et mystérieuse Queen mama en particulier, et les jumeaux maléfiques que l’on admire dans leur ténacité.

Le roman ayant clairement une orientation jeunesse et fantasy, vous ne retrouverez pas ici le concentré de faits historiques des séries comme Les Haut-Conteurs ou Les Héritiers de l’aube, mais vous aurez un petite surprise en fin d’aventure, grâce à trois voyages temporels.

A recommander chaudement aux ados et aux fans de young adult.

 

 

 

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le mai 15, 2017 dans fantaisie, Roman

 

Étiquettes :

Marjane.1, La Crypte : Sacrée visite !

CVT_Marjane-tome-1--La-Crypte_1676

La Crypte est le premier épisode génial d’une nouvelle série très prometteuse de Marie Pavlenko. Si vous avez aimé Saskia, Marjane vous plaira encore plus ! On y retrouve plusieurs éléments communs, chers à l’écrivaine : une espèce cachée des humains, un bastion parisien, une jeune fille en initiation, un amour complexe et les liens familiaux en questionnement. Au niveau du scénario et de l’écriture c’est toujours excellent, voire Marjane me semble un cran au-dessus (mais peut être parce que je l’ai lu en dernier.)

Si vous ne connaissez pas encore l’auteur, je vous conseille de commencer par Marjane pour bénéficier de l’effet de « première fois » sur tout un tas de bonnes idées de son univers. Après un chapitre d’exposition, on démarre l’action avec une attaque surprise et le bouleversement des règles établies. L’héroïne, très sage et classique a priori se trouve poussée dans ses retranchements et doit prendre des décisions pour sauver sa vie et trouver les réponses aux questions qui se posent. Un roman d’initiation classique donc, aux thèmes plutôt young adult. C’est prenant.

Tout le charme de l’aventure vient de la réinvention du bestiaire fantastique et de la localisation dans la capitale. Ainsi les ninns, sont de sortes de vampire, mais vraiment on ne peut pas dire que ce soit un récit « de vampire ». Il s’agit d’une création personnelle. Dans ce premier tome en tout cas c’est vraiment un élément d’arrière plan. Les autres créatures que l’on rencontre sont encore plus fascinantes, êtres de pierres, à tête d’oiseaux ou inquiétantes sirènes. L’autre élément prégnant est Paris, la ville elle-même explorée sous un autre prisme.

Avec son ton bien à elle, Marie Pavlenko nous emmène dans sa rêverie, celle d’un Paris poétisé. Un livre qui donne envie de lire, et de se balader !

 
 

Martyrs, livre 2 : époustouflant !!!

martyrs-t2-de-olivier-peru

Je l’attendais ce livre, je trépignais d’impatience même ; la magie a opéré : j’ai été de nouveau transportée dans cet univers enchanteur ! L’ouvrage est toujours aussi beau (voyez la jaquette !), avec cette fois-ci une carte dans chaque rabat, qui correspondent à deux époques distinctes. Les illustrations intérieures sont soit de nouvelles cartes du jeu de tarot, soit des portraits très travaillés : Akinessa, Opimer, Karmalys et Allena. L’écriture est toujours pleine d’allant et l’intrigue parfaitement agencée. J’ai dévoré le pavé de 600 pages et quelques ; j’avais vraiment du mal à m’en détacher. Si vous avez aimé le premier livre, jetez à bas votre PAL, et ouvrez Martyrs 2, vous ne le regretterez pas ! Si vous ne connaissez pas encore la série Martyrs… qu’est-ce que vous attendez pour vous précipiter chez votre libraire ? Amours, haines, solitude, trahisons, duels, guerre, manipulation, magie : il y a tout !

Le livre 1 plaçait les jalons de nombreuses histoires, présentait les protagonistes et se terminait sur une révélation fracassante, qui remettait en perspective le récit. Le livre 2 approfondit tous les aspects évoqués précédemment et déploie toujours plus largement un monde chamarré et vibrant : Palerkan et ses îles. Chaque « clan » ou peuple en présence a ses propres motivations, et chacun des personnages principaux peut être considéré comme un « méchant » d’une certaine façon. En tout cas, les actes sont le plus souvent violents. Mais d’un autre point de vue, chacun d’eux agit au mieux pour sa cause et ses alliés et rarement par simple intérêt personnel. Donc ils seraient tous « héroïques » en quelque sorte. J’ai vraiment aimé cette ouverture psychologique qui montre un monde empreint d’humanité et moins manichéen que l’univers traditionnel de la fantasy (avec les « méchants orques » de Tolkien par exemple). Il y a de grosses différences tout de même entre les personnages, tout est dans la subtilité : Opimer, le père carnage, ou Cavall semblent plus nobles tandis qu’Akinessa baisse dans notre estime à mesure qu’elle doit faire des compromissions pour garder le pouvoir. S’il y a un personnage que l’on adore toujours autant haïr, c’est l’affreux Dorian Lisbach. Quant à Karmalys, je ne dis rien pour ne pas vous gâcher les rebondissements.

Les personnages qui polarisent toute notre attention sont Irmine, bien sûr, et Allena que l’on découvre réellement dans ce tome. Irmine pouvait paraître comme un anti-héros dans le premier livre : adolescent sans morale, ni but, taiseux et fasciné par son frère plus brillant. Seul son amour pour Kassis lui avait donné quelques couleurs et consistance. Or ici nous allons au contraire voir se déployer un personnage fort et fascinant, qui construit sa personnalité et devient réellement un homme adulte et un héros. C’est lui qui a les cartes en main (au sens propre 🙂 et s’il semble parfois perdu ou hésitant c’est bien dans son apprentissage du monde et de sa propre valeur. Sa relation avec son frère est extrêmement émouvante, et l’on se sent vraiment pris de trouble lors de l’aveu que fera Irmine à son ainé (oui j’ai pleuré…). Irmine devient le champion du lecteur autant que des habitants d’Alerssen. On ne veut qu’une chose qu’il réussisse, bien qu’on ne connaisse pas ses plans ! L’histoire d’Allena par contre ne nous rend ni compatissants ni plein d’admiration mais elle est édifiante. C’est l’adversaire terrible et implacable idéale. Ce duo est très bien trouvé.

Les chapitres « 0 », qui concernent donc des évènements antérieurs à l’aventure principale, nous distillent des informations petit à petit. C’est génial et en même temps très frustrant car il faut imaginer complètement les raccords et faire les ponts soi même pour comprendre les implications. On pourrait penser que l’auteur se joue du lecteur, mais il le fait avec respect : il lui fait confiance, il y a un véritable échange de pensée qui semble se créer : « Voilà un mot qui pourrait bien être un indice… -Ah, c’est là que tu veux nous amener ! » C’est une lecture grisante où l’on se sent soi-même créateur de ce domaine imaginaire.

 Les dernières pages du livre sont purement magnifiques. L’auteur doit être un magicien car j’avais la gorge serré et des larmes d’émotions devant cette évocation de la beauté. Tout le récit nous mène à ce pinacle. Je croyais vraiment être devant…cet être. On referme le livre, sonné, avec un sourire sur les lèvres.

J’ai adoré !

akinessa

Je ne résiste pas à joindre cette illustration d’Akinessa la main douce, magnifique en couleurs !

 
4 Commentaires

Publié par le septembre 23, 2014 dans fantaisie, Roman

 

La maîtresse de guerre : plongez dans l’action avec Kaëlyn

livre-la-maitresse-de-guerre-2104

 Que voilà une lecture passionnante ! Après avoir fort apprécié la plume de l’auteur dans Le puits des mémoires, je me suis lancée avec plaisir dans les aventures de Kaëlyn.

Je ne suis pas très calée dans ce genre, mais il me semble que ce récit n’est pas de la « fantasy classique ». Point de dragon en tout cas, si je compare avec Chroniques des Mondes émergés, autre titre de fantasy jeunesse que j’avais apprécié et comparable (une héroïne qui veut à tout prix devenir un guerrier également). Il s’agit d’un destin extraordinaire dans un monde à peine irréel. Mais effectivement la magie à bien cours, comme on le constatera avec l’intervention d’un nécromant, qui tombe a point nommé.

La scène d’introduction est très drôle, au second degré, et nous installe dans un univers d’inspiration médiévale, tout ce qu’il y a de plus misogyne. Le parti pris de choisir une héroïne sonne comme un challenge. Il est vrai que dans Le Puits (en tout cas le premier tome), les femmes ne servaient pas à grand chose. Pari relevé M. Katz ?

Le côté « guerre et batailles » m’inquiétait un peu je l’avoue, les scènes du gouffre de Helm ou de la bataille de Minas Tirith étant ce que m’a le plus fait bailler dans l’œuvre géniale de Tolkien. Mais non, La Maîtresse de guerre évoque sans cesse la guerre, mais sans aucune longueur dans une description de bataille. Ouf ! J’ai trouvé la première scène, Kaëlyn à peine débarquée, hyperviolente mais surtout déroutante. Elle introduit le personnage du Maître de guerre, mais nous coupe aussi l’herbe sous le pied car rien ne semble prendre la direction attendue. Et finalement celle qui rêve d’être une grande guerrière, l’égale d’un homme, ne combat pas et ne doit sa survie qu’au fait d’être femme (et donc servante potentielle).

Du fait du développement de l’histoire, la plupart des combats auxquels on assiste sont des duels, qui servent à aguerrir Kaelyn pendant sa formation. L’écriture, très visuelle permet vraiment de s’imaginer ces affrontements. Et un duel est beaucoup plus intéressant à décrire ou à lire, à mon avis, qu’une scène de bataille. Nous y aurons tout de même droit avec la prise du fort, mais celle-ci sera rondement menée ce qui allège l’écriture.

L’univers d’Azman, notamment Damnas, qui se déploie peu à peu, au rythme où notre héroïne le découvre, est riche et intrigant.  Il est fort agréable d’apprendre peu à peu les us et coutumes de ce royaume du Sud. On rêve de se balader sur ces marchés qui ont sans doute les senteurs de l’Orient. Un des élément clé du roman est le jeu sur le renversement de point de vue de Kaëlyn. Venue pour combattre des barbares, elle découvre une culture raffinée qui finira par lui paraître plus juste et plus belle, au point de combattre pour sa sauvegarde.

Ce roman apparait certes comme un écho des croisades, mais peut être est-il plus proche qu’on ne le croit de notre actualité. Observons : un occident arrogant et sûr de sa supériorité prétend au nom de la liberté, valeur universelle, aller faire sa loi dans un lointain pays oriental. Cela étant, en réalité, prétexte à faire main basse sur des ressources… Sans qu’il y ait forcément un message dans l’œuvre, on sent chez l’auteur une volonté d’ouvrir les esprits à plusieurs manières d’appréhender le monde.

Parlons à présent un peu des personnages. Le couple des héros ne sont pas les personnages les plus fascinants à mon sens : Hadrian parce qu’on sait trop peu de choses sur son compte pour s’y attacher (encore que la scène où il est ivre le rende plus humain), Kaëlyn parce qu’elle subit beaucoup son destin et ressemble trop à « une fille parfaite ». Là où Gabriel Katz excelle, c’est pour camper les personnages de méchants, de fourbes, de fous !  Un personnage très fort est celui de Dikaon, amoureux fou qui deviendra un Waerg, bestial et primaire. Sa passion repoussée, il est aveuglé, et le différent ne pourra se régler que dans le sang. Le meilleur personnage à mon sens est la terrible Fenia, la  jalouse, la manipulatrice. Femme d’Hadrian elle ne peut que pressentir ce qui va arriver et est prête à tout pour se venger. Sa manipulation du sultan même reste géniale. J’en profite pour noter un petit bémol dans ma lecture : la scène finale m’a glacée. La vengeance de Kaëlyn m’a semblé lâche et très « mesquine », j’aurais préféré qu’en bonne guerrière qu’elle est devenue, elle lui tranche le cou proprement.

En conclusion, je vous recommande ce livre certes « young adult » mais prenant ; n’ayez pas d’a priori même si vous ne lisez jamais de fantaisie, c’est une super roman d’aventure. Ce livre à toute sa place sur les étagères des CDI de lycée et même de collège (je suis plus réservé pour Le Puits) ! La difficulté peut consister à attirer les élèves vers ce livre : les garçons risquent d’être repoussés par une héroïne fille (et oui 12 ans et déjà macho…), et les filles méfiantes devant le genre fantasy et le mot « guerre » dans le titre. Donc un livre a proposer à des élèves que l’on connait et à promouvoir en club lecture par exemple. Ne serait-ce que pour leur faire lire du bon français !

 

 

 
Poster un commentaire

Publié par le septembre 16, 2014 dans fantaisie, Jeunesse, Roman

 

Ewilan : saga jeunesse à connaître absolument

 

cvt_La-Quete-dEwilan-T01_3173

Dès le premier tome de la saga Ewilan, on est séduit par l’originalité de l’écriture de Pierre Bottero.Trois trilogies composent en fait cette saga : La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des marchombres (avec Ellana comme personnage principal). Je dois remercier Justine, ancienne élève, de m’avoir fait découvrir cet auteur.

Dans ce premier tome, intitulé « D’un monde à l’autre », on savoure tout un monde qui éclot sous nos yeux : le Gwendalavir. C’est un vrai régal : la cohérence de l’univers n’a d’égal que l’adéquation parfaite des mots aux concepts de ce même univers. Qu’attendre de plus en fantaisie ? L’imagination y règne, au sens propre puisque celle-ci permet la magie. L’héroine a ainsi le  pouvoir de « dessiner », c’est à dire de matérialiser ses pensées.

On suit ainsi Camille, alias Ewilan, rêveuse et surdouée, qui avec un « pas sur le côté » se retrouve dans un monde parallèle au notre. Le sien en fait. Le mythe du nourrisson caché par ses parents en vue d’une menace est utilisé comme point de départ. Salim est un second rôle intéressant, l’ami fidèle et malicieux, qui s’étoffe par la suite. La galerie des autres personnages n’est pas à négliger, en particulier les redoutables Edwin et Ellana et le très amusant Bjorn. Personnage au premier abord pédant et grotesque il évoque le Pantalon de la Comedia mais trouve sa place dans le groupe et pour le scénario est le moteur de l’humour cocasse.

Une série qui plait aux jeunes tant pour l’aventure, que pour la magie, et ce qui ne gâche rien, dans une  belle langue sans oublier un humour omniprésent. J’adore !

Et plus encore Ellana, mais ceci sera l’objet d’un prochain billet.

 
Poster un commentaire

Publié par le septembre 30, 2013 dans fantaisie, Jeunesse, Roman

 

Martyrs : à vous couper le souffle !

cvt_Martyrs_3947

Jetez-vous sur ce livre ! Adepte de la fantasy ou novice, vous serez conquis par cet univers riche et passionnant. Personnellement je n’ai comme culture fantasy que Le Seigneur des Anneaux, l’Oeuvre originel ! Et je retrouve dans ce livre ce qui a fait le succès de Tolkien, puis de tous ses suiveurs : un monde médiéval imaginaire rendu réaliste par la profusion des détails, une galerie de personnage au caractère fouillé, une grande aventure et des batailles pour le pouvoir, mêlée aux actions des plus humbles.
Les deux premiers chapitres campent les deux principaux protagonistes que tout oppose. L’un est Irmine, un beau jeune homme de 17 ans, silencieux, rude, descendant aux yeux d’or de guerriers mythiques et qui fait métier d’assassin ; l’autre est Karmalys, le roi du Reycorax, un monstre d’obésité, fourbe et manipulateur qui préserve la paix à tout prix. D’autres personnages importants seront mis en avant progressivement comme Cavall, l’homme de l’ouest qui mène une rébellion contre la « rei ley » de Karmalis, les guerriers comme Opimer ou encore Guyarson l’intendant rusé de la cité d’Alerssen, cité-autonome convoitée par le roi. le nain de cour Jarud et ses bons mots sont « nains payables ».
Les personnages féminins ne sont pas en reste (contrairement au monde du Seigneur des anneaux où les femmes ne servent pas à grand chose…) : Kassis prisonnière du château de Ronces, Abiselle bonne vieille qui semble sortie d’un conte, Akinessa « la main douce », la sœur et conseillère du Roi. J’ai été surprise et touchée par l’introduction du personnage de Kassis, l’héroïne de ce tome. le premier chapitre qui la concerne et qui s’intitule « un conte de fées » est très bien vu. L’auteur a su saisir un élément intéressant de la psychologie d’une adolescente (elle a 16 ans) : elle fait une fixation sur le premier homme qui l’approche et lui montre de l’attention. Cela m’a fait songer à Roméo, qui est d’abord l’amoureux éconduit de Rosalinde avant de rencontrer Juliette. La déception de la jeune fille sera à la hauteur de ce que son imaginaire avait pu construire. Cela nous présente une héroïne qui peut sembler faible et naïve, mais cet événement va justement permettre à la jeune fille de se réveiller de sa torpeur de « princesse de château » et de rechercher des issues à sa condition de prisonnière. Cette entrée en matière est aussi une très bonne accroche pour la passion amoureuse qui ne manque pas de se présenter ensuite. Le chapitre « savoir mourir », quant à lui, m’a émue au larme, car l’on s’est bien vite attaché à cette jeune fille.
Le mythe des Arserkers, les hommes aux yeux d’or, prend de la profondeur tout au long du livre. Tout d’abord représenté par Irmine et son frère Helbrand, on sait que ce sont des descendants de guerriers légendaires qui auraient vaincus les derniers dragons. Ils sont excellents comme assassins car ont des dispositions physiques et mentales extraordinaire ; par ailleurs ils voient dans le noir. Puis d’autres Arserkers interviennent : un vieillard lâche, un mystérieux borgne qui apparaît quand il veut et laisse des indices troublants, et enfin un tortionnaire, fanatique du martyr ; on voit se dessiner un peu mieux les contours de ce peuple aux étonnantes dispositions. Et l’on attend évidemment de voir comment vont évoluer Irmine et Helbrand.
Les points forts de ce livre du point de vue du style sont la qualité de la langue, l’équilibre des chapitres, la progression de l’intrigue, les révélations et rebondissements incessants. du point de vue de l’histoire on a à la fois de bonnes intrigues de cour, des scènes d’action bien décrites et une romance évidente, mais pas si simpliste.
Quand à la forme du livre il y a de quoi se régaler : un format anglo-saxon qui permet au livre de se déployer sur ses presque 700 pages, et surtout des illustrations magnifiques. La couverture est un vrai tableau qui attire et donne immédiatement envie de plonger dans ce roman. Les illustrations intérieures, notamment celles des cartes de tarot sont superbes, et enfin la carte couleur qui se déplie au début est parfaite.
Je recommande chaudement cette lecture enchanteresse, qui donne très envie de s’y replonger. On a hâte de lire le tome 2 pour retrouver nos personnages favoris et ce monde si magique !

 
Poster un commentaire

Publié par le septembre 26, 2013 dans fantaisie, Roman

 

Étiquettes :